Saga de l'été - Episode 6 : Embarquement pour un voyage dans le temps

Lancée le 9 Juillet 2021, la communauté ConnectLive rassemble 1 500 participants venus exprimer et partager leurs points de vue durant l'été. Pour clôturer nous avons demandé aux participants de la plateforme ConnectLive d’Ipsos de se projeter dans l’époque où ils auraient idéalement aimé vivre.

Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre
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Les périodes qui se distinguent sont les Années Folles (« Tout est à reconstruire, la croissance est bonne, les femmes se libèrent. Des exploits sont réalisés comme la traversée de l'Atlantique en avion. J’apprendrais à danser le Charleston dans les clubs parisiens avec un look incroyable ») et, surtout, les Années 70 – Woodstock (« C’était une très bonne époque. Je serais moi, mais en 1970 (je serais ma mère !). Ces années étaient bénies car pas de crise sociale, pas de problème d'argent, une plus grande liberté de faire et penser qu'aujourd'hui », « Tout avait l'air moins compliqué, le travail, le coût de la vie. De la bonne musique, de bons films, un style vestimentaire cool et confortable... ») ou 80 (« Tout était découvert, nouveau, et, contrairement à la période que nous traversons, on s'amusait, on sortait, certains mouvements sont nés. J'aimerais être Madonna ; elle était complètement délurée, mais totalement novatrice ; j'aurais aimé côtoyer le milieu de la mode, les créateurs… Dalida m’a toujours fascinée »)

 

En plus de ce climat économique et culturel, ces années 70 ou 80 ont vu apparaître, pour les plus sensibles aux problématiques sociétales ou écologiques, des lanceurs d’alerte prévenant de l’impact environnemental de notre société de consommation, comme le rapport Brundtland en 1987 (« Notre avenir à tous » texte fondateur du développement durable) ou des personnalités engagées : « C’était au temps de Coluche et de ses belles valeurs ».

Avoir vingt ans dans les années 60 peut aussi représenter une tentation (« Je monte un groupe de rock, j'en fais mon métier et je m'éclate en soirées avec John Lennon ! », « La période était favorable au plein emploi, les relations étaient plus humaines, on bénéficiait déjà d’avancées technologiques. Il y avait des difficultés, mais notre pays était encore à son image et avait son identité »).

L’immédiat après-guerre apparaît à certains comme une période où, sortant d’un champ de ruines, tout devenait possible : « J'aurais aimé vivre juste après la seconde guerre mondiale, rencontrer Gandhi, découvrir le rock et la joie d'après-guerre, reconstruire un monde sans forcément accepter tout ce qui est venu des USA, partager des moments simples sans la débauche de matérialisme actuel. J'aurais peut-être été soignante ou paysanne, en tout cas pas célèbre, discrète, mais dans l'action ».

Le futur peut donner envie de s’y projeter, à condition ne pas être une simple uchronie : « J'aimerais vivre quand les grandes transformations que ce monde doit vivre seront passées, quand l'écologie sera partout et pour tous, quand les médecines alternatives seront reconnues et abordables, quand la planète sera régénérée et propre, la nourriture à nouveau riche en minéraux et vitamines et exempte de pesticides, quand une nouvelle économie sera en place où argent et pouvoir ne régissent plus le monde. Peut-être dans plusieurs centaines d'années mais peu importe »; plus éloigné encore dans le temps, « voir ce qui se passe dans 1000 ou 2000 ans et où en est l'humanité » rend curieux de « rencontrer un de mes descendants et voir comme son mode de vie à évolué en par rapport au nôtre. Peut-être habitera-t-il sur Mars ? Ce serait fou de voir qu'on est arrivé à coloniser la planète rouge ! ».

 

Quelles personnalités aimerait-on rencontrer dans ce voyage à rebours du temps ?

Les plus férus d’histoire, de sciences ou d’art seraient heureux de remonter le temps et de discuter avec des philosophes de l’Antiquité grecque pour « côtoyer les grands hommes qui sont au fondement de notre civilisation », de connaître « l'Égypte du temps des Pharaons, mais en m'assurant d'avoir une certaine classe sociale pour ne pas finir esclave ! », y compris avec ses découvreurs modernes (« Dans les années 20 en Égypte avec les premiers européens et Howard Carter »), de faire la connaissance de Rabelais ou Newton. La fin du XIXème ou les premières années du XXème sont intéressantes de ce point de vue pour « rencontrer ou côtoyer tous ces artistes de génie, des grands compositeurs aux peintres, en passant par les écrivains… ».

Quant au XVIIIème siècle, c’est l’occasion pour les admirateurs de Marie-Antoinette de se révéler : « J’aurais adoré vivre à l’époque de Louis XVI, à la Cour comme amie du Roi et de la Reine. Le charme, la classe à la Française et pouvoir profiter des meilleurs chefs de gastronomie, des spectacles des meilleurs écrivains et compositeurs de l’époque. Côté musique, le Versailles de Marie-Antoinette est fréquenté par Gluck (le plus connu aujourd'hui), Piccinni, Sacchini et Grétry », comme pour Mozart.

Les croyants ou les curieux seraient intéressés à l’idée de rencontrer Jésus-Christ et les plus engagés voudraient échanger avec Nelson Mandela, le Chef amazonien Raoni ou Coluche.

 

Que retenir de ces époques idéales ou idéalisées ?

Même si de nombreux participants ne voient aucune raison de préférer le passé au présent et ne se plaignent pas de vivre en 2021, les réactions définissent en creux la période actuelle.

Pour être « idéale », une époque doit répondre à plusieurs critères : l’insouciance et la joie de vivre, l’envie de projets, le progrès économique et social, la créativité ; elle doit aussi être à mesure humaine, autrement dit donner le sentiment que chacun peut contrôler sa vie et son environnement. Son secret ? Favoriser l’épanouissement, la bienveillance, la tolérance, la liberté, la capacité à se projeter, en un mot, l’expansion.

Par comparaison, notre temps se caractérise par un changement d’échelle où l’homme n’est plus « la mesure de toute chose » avec la mondialisation, la production de masse et l’hyper-connexion ; par un politiquement correct qui implique une autocensure encore impensable au temps des années 70 ou 80, par un climat d’incertitude et de défiance encore amplifié par la covid-19. La situation ? A l’inverse de l’expansion, une ambiance qui fabrique du repli sur soi, de la méfiance, de la rétraction et aboutit à l’anomie sociale.

Les candidats à la Présidentielle de 2022 auront beaucoup à faire pour renverser la tendance…

 

Saga de l'été - Episode 6 : Embarquement pour un voyage dans le temps

Retrouvez tous les épisodes de
notre saga de l'été

Episode 1 - Oserez-vous oser ?

Episode 2 - Eté 2021 : restrictions, balades et apéros !

Episode 3 - Le tourisme spatial, ultime tentation ?

Episode 4 - Quelle place pour le rêve ?

Episode 5"Et si..?" ou les enchantements de l’oisiveté


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Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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