Jeunesse et emploi : l’égalité des chances à l’épreuve des réalités
Dans le sillage des événements du 17 octobre, qui ont remis au premier plan les inquiétudes sociales et les aspirations de la jeunesse, l’étude Ipsos bva réalisée pour la Fondation Mozaïk met en lumière un profond décalage entre l’attachement des Français au principe d’égalité des chances et leur perception des réalités. Un constat particulièrement marqué chez les jeunes, qui doutent que les efforts et les compétences suffisent à garantir les mêmes opportunités professionnelles. Au-delà de l’accès à l’emploi, les résultats interrogent le sentiment d’appartenance à la société et la capacité de notre modèle économique à offrir à chacun les mêmes perspectives, à compétences égales.
Dévoilée à l’occasion de la tenue de la 6e édition du Sommet de l’inclusion économique, l’enquête « Géographie de l’égalité » révèle combien l’accès à l’emploi et l’égalité de traitement constituent des enjeux de cohésion sociale, particulièrement pour les nouvelles générations.
Une jeunesse qui doute que les efforts suffisent pour réussir
65 % des Français considèrent qu’à efforts égaux, certaines personnes disposent de moins d’opportunités professionnelles que d’autres. Une perception qui atteint 80 % chez les moins de 25 ans et 90 % chez les jeunes vivant dans les quartiers prioritaires.
Un constat d’autant plus frappant que 96 % des Français considèrent que vivre dans un quartier populaire ou une zone rurale ne devrait jamais constituer un frein à l’accès à l’emploi.
L’enquête révèle également que 40 % des habitants des quartiers prioritaires déclarent avoir personnellement été désavantagés ou discriminés dans leur accès à l’emploi, contre 25 % des Français dans leur ensemble. Chez les 25–34 ans vivant dans ces quartiers, cette proportion atteint 58 %.
95 % des Français considèrent l’insertion professionnelle des jeunes comme un enjeu prioritaire ou important. Un résultat qui souligne que l’avenir professionnel de la jeunesse constitue bien une question de société qui dépasse les seuls publics concernés.
Quand les difficultés d’accès à l’emploi fragilisent le sentiment d’appartenance
À l’heure où la société française est traversée par de profondes fractures, comment retrouver le chemin de la cohésion sociale ? L’étude met en lumière un enjeu essentiel : le lien entre les difficultés d’accès à l’emploi et le sentiment d’appartenance à la société française.
83 % des Français estiment que les difficultés d’accès à l’emploi peuvent conduire certaines personnes à se sentir moins intégrées à la société. Cette proportion atteint 96 % chez les élèves et étudiants. Dans les quartiers prioritaires, 98 % des élèves et étudiants partagent cette perception.
L’accès à l’emploi dépasse la question du revenu : il représente aussi, chez des Français, un facteur d’autonomie, de reconnaissance sociale et de capacité à se projeter dans l’avenir.
Présidentielle 2027 : l’égalité des chances pourrait peser dans les choix électoraux
À l’approche de l’élection présidentielle, et à l’heure où le gouvernement tente de répondre à la crise sociale, la réduction des inégalités territoriales d’accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat pourrait devenir un critère de choix pour une partie importante des électeurs.
58 % des Français déclarent que les propositions d’un candidat visant à réduire ces inégalités pourraient influencer leur vote en 2027. Cette proportion atteint 84 % chez les moins de 25 ans.
Ces résultats suggèrent que les propositions en matière d’accès à l’emploi, d’égalité de traitement et de réduction des inégalités territoriales peuvent prendre une place significative dans le débat présidentiel, notamment auprès des jeunes générations.
Ce qui frappe dans cette enquête, c’est le décalage entre l’adhésion très forte des Français au principe d’égalité des chances et leur perception des réalités. Ce décalage est particulièrement marqué chez les jeunes. Les résultats montrent également que les difficultés d’accès à l’emploi sont très largement perçues comme un facteur de moindre intégration à la société.
Enfin, à l’approche de 2027, les propositions visant à réduire les inégalités territoriales d’accès à l’emploi pourraient entrer dans les critères de choix électoral d’une majorité de Français, et plus encore des moins de 25 ans.
Brice Teinturier, Directeur général délégué d’Ipsos bva.
À propos de la Fondation Mozaïk
La Fondation Mozaïk œuvre pour une société plus inclusive, dans laquelle chacune et chacun trouve sa place au regard de ses compétences. Elle agit en faveur de l’égalité des chances et de l’inclusion économique, notamment en facilitant la rencontre entre les recruteurs et les candidats issus des territoires moins privilégiés.
Sa mission vise à faire évoluer les pratiques de recrutement et les mentalités afin de lutter contre les discriminations à l’emploi.
Rapport complet
À propos de cette enquête
Étude Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour la Fondation Mozaïk menée du 7 au 13 octobre 2026 auprès d’un échantillon de 1 003 Français représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, complété par deux suréchantillons de 683 habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et de 722 habitants des territoires ruraux, représentatifs de ces deux populations. Méthodologie complète disponible dans le rapport d’étude.