Les Français et la mobilité : le futur de l'automobile sera-t-il tout électrique ?
Sommaire de l'épisode
- Une automobile plus intelligente, plus propre et plus sûre
- Mais trois faiblesses persistantes : le prix, la recharge et la dépossession de son statut de maître à bord
- Un défi industriel pour la France

Le Mondial de l’Auto 2026 se tient, comme tous les deux ans, à Paris, du 12 au 18 octobre, Porte de Versailles. Cent vingt-huit ans après l’Exposition internationale d’automobiles organisée au Jardin des Tuileries en 1898, le fil rouge de cette édition 2026 est « le futur de l’automobile ». C’est ce thème que nous avons souhaité proposer aux participants de la communauté en ligne d’Ipsos, Real Talk, afin de comprendre comment ils imaginent l’automobile de demain.
Pour les répondants, la voiture de demain sera d’abord électrique, connectée, autonome et plus sûre. Mais cette projection s’accompagne de nombreuses interrogations sur son coût, son impact environnemental réel et la place des constructeurs européens face à la concurrence chinoise.
Une automobile plus intelligente, plus propre et plus sûre
En termes de motorisations, les véhicules électriques et hybrides remplaceront les motorisations thermiques, avec, en complément, une intégration croissante de l’intelligence artificielle et des aides à la conduite : « Je l’imagine futuriste, à la pointe de la technologie avec une présence marquée de l’IA », « Une auto moins polluante et plus économique ». Des batteries plus performantes devraient également permettre de ne plus se préoccuper des distances parcourues ni du temps nécessaire à leur recharge.
Les participants imaginent aussi que le développement des voitures autonomes aura levé toutes les réserves à leur égard, leur permettant « de se déplacer rapidement, de façon responsable et sans danger », les plus avant-gardistes allant même jusqu’à imaginer des voitures volantes.
Certains pensent également que des solutions alternatives, comme l’hydrogène, l’énergie solaire ou l’éolien, auront été encouragées, notamment parce que « l’automobile du futur ne repose pas sur une seule énergie », qu’ils « ne considèrent pas l’électrique comme une solution pérenne » ou qu’ils questionnent son véritable bilan environnemental. Extraction du lithium, recyclage des batteries, dépendance aux ressources rares ou encore déplacement de la pollution constituent autant de sujets d’interrogation. Pour eux, l’avenir de la mobilité durable passe davantage par une diversification des solutions énergétiques que par une électrification exclusive du parc automobile.
Mais trois faiblesses persistantes : le prix, la recharge et la dépossession de son statut de maître à bord
Même si l’électrique a concerné 38 % des immatriculations françaises en août 2026 (+ 113 % grâce au leasing social ou aux aides selon AAA DATA), l’obstacle majeur reste encore économique. Pour une large partie des répondants, l’automobile de demain existe déjà, mais elle demeure inaccessible : « On nous demande de passer à l’électrique mais il n’y a pas encore assez de formules intéressantes. »
Sur le plan technique, l’autonomie des batteries et les contraintes de recharge restent également perçues comme des freins, tout comme la sophistication croissante des véhicules qui inquiète aussi certains automobilistes, pour des raisons économiques (« Trop de gadgets et les prix qui vont avec ») ou psychologiques avec le sentiment de ne plus être le chef de bord : « Quand on voit les nouveautés où il n'y a plus besoin de conduire directement sa voiture, va-t-on vraiment dans la bonne direction ? Il ne va plus falloir passer son permis de conduire mais plutôt un permis de programmation… ». À l’inverse, certains participants souhaiteraient « que l’on construise enfin des voitures plus légères, moins puissantes et moins connectées ».
Un défi industriel pour la France
La place conquise par la Chine dans le marché automobile nourrit également de nombreuses inquiétudes. Si le prix des automobiles chinoises est jugé très attractif, les participants hésitent entre tentation, avec « des innovations qui ont toujours une longueur d'avance sur l'Europe », et doutes concernant la fiabilité des produits.
Dans tous les cas, la concurrence chinoise et la dépendance croissante à l’égard de ce pays apparaissent comme des sujets de préoccupation majeurs et « inquiètent pour l’emploi et l’avenir de notre industrie ». D’autres souhaitent que les responsables politiques « défendent davantage les intérêts français face à la Chine » et, surtout, que « les constructeurs français se bougent très vite pour ne pas se faire avaler ».
Faute de quoi, « les véhicules électriques vont continuer à prendre de plus en plus de place, et les constructeurs chinois vont être de plus en plus innovants et gagner des parts de marché ». Au-delà de la seule question des automobiles chinoises, c’est bien celle de la souveraineté économique et de la protection des intérêts nationaux qui est posée. Un sujet que les candidats à l’élection présidentielle ne pourront ignorer.
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Julien Boulad
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