Lycéens : un mouvement qui divise mais des revendications soutenues
Une contestation qui divise fortement selon l’âge et l’orientation politique
Depuis le 18 septembre 2026, un certain nombre de lycées en France sont bloqués par les lycéens pour protester contre leurs conditions d’éducation. La vague d’octobre 2026 du Baromètre Politique Ipsos bva-CESI École d’ingénieurs pour La Tribune Dimanche s’est intéressée au regard des Français sur cette mobilisation. Face à ces mouvements, les Français se montrent très partagés : 54 % l’approuvent, contre 40 % qui le désapprouvent et 6 % qui n’ont pas d’opinion.
Le soutien au mouvement décroît avec l’âge : 62 % parmi les moins de 35 ans, contre 57 % chez les 35–59 ans et 43 % parmi les 60 ans et plus. Le mouvement divise également politiquement : les sympathisants LFI, et PS-Place Publique sont les plus favorables au mouvement.
Près de six Français sur dix estiment que ce mouvement va durer dans le temps – ce qui est source d’inquiétude pour un tiers de la population. Les sympathisants Renaissance-Horizons-Modem en particulier se déclarent inquiets de la prolongation du mouvement à 47 %.
Dégradations et heurts : le rejet ferme des violences
Les Français condamnent massivement les violences contre les personnels éducatifs : 79 % jugent inacceptables les violences commises par certains lycéens contre le personnel éducatif, ainsi que les dégradations des équipements publics pendant les manifestations.
Ils émettent un jugement plus partagé à l’égard des violences policières : 47 % estiment que les violences de certains policiers envers des lycéens lors de manifestations ou d’interpellations sont inacceptables, 17 % les trouvant justifiées. Les perceptions sont fortement polarisées politiquement.
Un large consensus sur les revendications des lycéens
Si le mouvement divise les Français, une grande partie des revendications des lycéens sont partagées par l’ensemble des Français : 82 % sont d’accord avec le fait de garantir un nombre limité d’élèves par classe, 79 % avec l'idée d'investir davantage d’argent public dans la rénovation des établissements scolaires et 75 % avec l'idée d'adapter les établissements au changement climatique.
La suppression de Parcoursup récolte une adhésion plus limitée : 48 % y sont favorables, contre 26 % qui y sont opposés et autant qui ne se prononcent pas, signe que le sujet demeure mal connu ou difficile à trancher pour une partie importante de la population.
En revanche, seuls 34 % des Français approuvent la réduction du nombre d’heures pour les lycéens, contre 55 % qui s’y opposent. Cette demande est cependant majoritaire parmi les sympathisants LFI et écologistes.
Appel au dialogue et rejet des prises de position politiques
Face au mouvement, sept Français sur dix estiment que la priorité du gouvernement devrait être de discuter avec les lycéens pour trouver des solutions à leurs revendications. Cette priorité est majoritaire parmi l’ensemble des classes d’âge et des sympathies partisanes (à l’exception des sympathisants RN, plus divisés par la question : 49 % pour vs 51 % contre).
Dans l’ensemble, les prises de position des personnalités politiques ne convainquent pas. Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron sont les deux personnalités qui suscitent le plus fort rejet (69 % et 68 % de désapprobation). Sébastien Lecornu est désapprouvé par 59 % des Français et Édouard Geffray par 53 %. Marine Le Pen obtient le niveau d’approbation le plus élevé, mais celui-ci reste minoritaire : 33 % approuvent ses prises de position, contre 45 % qui les désapprouvent et 22 % qui n’ont pas d’opinion. Chacune des personnalités recueille principalement l’approbation de son propre camp politique.
Rapport complet
À propos de cette enquête
Enquête Ipsos bva-CESI École d’ingénieurs pour La Tribune Dimanche menée du 7 au 8 octobre 2026 auprès de 1 000 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthodologie complète disponible dans le rapport d’étude.
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