Vacances : l’opinion sanctionne Michèle Alliot-Marie, pas François Fillon

Mise en cause pour ses vacances tunisiennes, Michèle Alliot-Marie enregistre la plus forte baisse de popularité des différentes personnalités testées dans le baromètre de l’action politique Ipsos-Le Point. En revanche, les révélations sur le séjour en Egypte de François Fillon sont de ce point de vue sans conséquence. Cette vague de février confirme par ailleurs les difficultés de Nicolas Sarkozy, qui peine à retrouver une dynamique d’opinion favorable. Crédit photo.

En terme de popularité, Michèle Alliot-Marie paye cher la polémique sur ses vacances en Tunisie. En baisse de douze points par rapport à la mesure du mois dernier, la ministre des Affaires Etrangères ne recueille plus que 38% de bonnes opinions, contre 50% d’avis contraires. Sa popularité se dégrade aussi bien à gauche (20% de jugements favorables, -17 points) qu’à droite (68%, -14 points). Elle perd ainsi la tête du palmarès des personnalités préférées des sympathisants UMP, distancée par Christine Lagarde (80%, +2 points).
Cela peut paraître surprenant en comparaison, mais les révélations sur les vacances en Egypte de François Fillon n’ont en revanche pas terni son image. Au contraire, avec 46% d’opinions favorables, le Premier ministre progresse même d’un point par rapport au mois dernier, et se maintient à un niveau de popularité sensiblement supérieur à celui du chef de l’Etat.

La popularité de Nicolas Sarkozy reste en effet assez basse, stagnant depuis un an autour d’un tiers d’opinions favorables. Sa participation à l’émission « Paroles de Français », pourtant bien suivie, ne lui aura donc pas permis de renouer avec une dynamique positive. Près de deux Français sur trois (63% ; -2 points) portent toujours un jugement défavorable sur son action, contre 34% de bonnes opinions (+1). L’intervention télévisée du Président n’a d’ailleurs pas non plus convaincu les sympathisants UMP, dont le soutien s’effrite (75% de jugements favorables, en recul de 6 points, contre 23% d’avis contraires). A l’inverse, les sympathisants du Front National semblent davantage séduits par le discours ferme en matière d’insécurité, de délinquance des jeunes ou par les prises de position dans l’affaire Laëtitia (44% d’avis favorables, +22 points en un mois).

Cela relève presque de la mécanique d’opinion : les sujets « sécuritaires » font progresser Nicolas Sarkozy chez les proches du FN, mais profitent aussi à Marine Le Pen qui marque des points chez les sympathisants UMP. C’est encore le cas ce mois-ci, la présidente du Front National obtenant sa meilleure progression chez les sympathisants UMP (39%, +11 points), qui lui permet d’atteindre 29% d’opinions favorables sur l’ensemble de l’échantillon (en hausse de 3 points par rapport à janvier). Elle bat une nouvelle fois son record de popularité et poursuit sa progression au palmarès des leaders politiques préférés des Français.
En tête du classement, les écarts se resserrent. Dominique Strauss-Kahn perd 7 points d’avis favorables pour tomber à 51%. Il recule de la première à la cinquième place, désormais devancé par Jack Lang (53% d’opinions favorables, +1 point), Bertrand Delanoë (53%, -4 points), Rama Yade (52%) et Jean-Louis Borloo (52%). A noter que cette baisse est concentrée chez les sympathisants socialistes (-14 points en un mois, -18 points depuis décembre), Dominique Strauss-Kahn redevenant largement plus populaire à droite (66%, stable) qu’à gauche (48%). Martine Aubry reste quant à elle largement en tête chez les proches du PS (75% d’avis favorables, -3 points) ; avec 17 points d’avance sur François Hollande (58%), 21 points sur Dominique Strauss-Kahn (54%) et 24 points sur Ségolène Royal (51%), elle se détache même de ses principaux concurrents aux primaires.

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