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Les Français, l’IA et la littérature

Neuf Français sur 10 exigent que l'usage de l'intelligence artificielle soit obligatoirement mentionné sur la couverture des livres. Près de la moitié (46 %) estiment même qu'un ouvrage suspecté d'y recourir devrait être retiré des sélections de prix littéraires. L’enquête Ipsos bva-CESI école d’ingénieurs explore les perceptions des Français face à l'IA dans la littérature, son impact sur la légitimité des œuvres et les exigences de transparence du public à l’approche de la remise du prix Goncourt, dans le sillage de l'affaire Thélyson Orélien.

Une affaire suivie par une large majorité de Français

L'affaire Thélyson Orélien n'a pas échappé à l'opinion : 62 % des Français en ont entendu parler, dont 44 % qui déclarent voir très bien de quoi il s'agit. La polémique a donc largement dépassé le cercle des amateurs de littérature pour s'imposer comme un véritable sujet de société.

« Pas de la vraie littérature » : les Français fixent une frontière claire entre l'humain et la machine

Soumis à une série d'affirmations sur un livre écrit entièrement ou en partie avec l'IA, les Français dessinent une hiérarchie de valeurs nette : la littérature demeure une affaire humaine. Le rejet est le plus tranché sur la question de fond :

  • 69 % estiment qu'un livre écrit avec l'IA « n'est pas de la vraie littérature », contre 22 % de désaccord. 
  • L'équivalence de valeur est tout aussi absente : seuls 25 % considèrent qu'il « peut être aussi valable qu'un livre écrit sans IA » (64 % le nient)
  • 32 % seulement y voient « une nouvelle forme de littérature à part entière », contre 57 % de refus. Pour les Français, l'IA n'est pas une concurrente de l'écrivain : elle est hors champ.
  • Une seule exception confirme la règle : 55 % reconnaissent qu'un tel livre « est de la littérature uniquement si l'humain reste l'auteur principal ». Les Français ne posent donc pas un interdit absolu, mais une condition de primauté : l'IA peut assister, à condition que le geste créatif central demeure humain.
  • La transparence ne suffit pas à légitimer l'œuvre :  Seuls 40 % des Français acceptent l'idée qu'un livre écrit avec l'IA « est de la littérature à condition que l'usage de l'IA soit transparent » (contre 49 % de désaccord). La transparence est une exigence de confiance, pas un brevet de littérarité, un point qui touche au cœur le débat ouvert par l'affaire Thélyson Orélien, à quelques jours du Goncourt.


La légitimité littéraire de l'IA massivement contestée

L’attachement des Français à « l’humanité » d’une œuvre littéraire est réel : S’ils apprenaient qu'un livre qu'ils ont pourtant adoré a été entièrement écrit avec l'IA, plus de sixFrançais sur 10 (62%) se sentiraient déçus ou trompés, quand 27 % seulement déclarent que cela ne changerait rien pour eux.

La transparence, une exigence quasi unanime

Pour plus de neuf Français sur 10, l'usage de l'intelligence artificielle pour tout ou partie de l'écriture d'un livre devrait être obligatoirement mentionné sur la couverture : la transparence s'impose comme une exigence incontournable. Dans le prolongement, près de 7 Français sur 10 (66 %) estiment que la mesure la plus utile pour l'avenir du livre serait une mention obligatoire « écrit avec IA » sur les livres concernés, devant une charte des éditeurs ou des outils de détection indépendants.

Les prix littéraires face aux soupçons : retrait plutôt que laisser-aller

Face aux réponses divergentes des grands prix cette année, près de la moitié des Français (46 %) considère qu'un livre soupçonné d'avoir été écrit avec l'IA devrait être retiré de la sélection des prix littéraires, un prix devant être irréprochable. Les autres approches : laisser le jury juger sur la qualité du texte, exiger des explications publiques ou trancher au cas par cas, recueillent nettement moins d'adhésion. Un signal fort adressé aux académies et jurys à l'approche des grands prix littéraires français au mois de novembre.

Rapport complet


À propos de l'enquête

Étude Ipsos bva – CESI école d'ingénieurs réalisée via l'omnibus Ipsos.Digital du 9 au 12 octobre 2026  auprès d'un échantillon de 1 000 Français âgés de 18 à 75 ans. Méthodologie complète dans le rapport d'étude.

 

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