Mondial de l'Auto | Mobilité | Automobile
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Mondial de l’Auto 2026 : le nouveau portrait des automobilistes français

À l'occasion du Mondial de l'Auto, la nouvelle enquête Ipsos bva souligne le rapport paradoxal des Français à leur véhicule. Si la voiture reste un puissant symbole de liberté (94 %) marquant une forte dépendance dans les régions (81 %), la transition vers l'électrique se heurte au réalisme économique, avec seulement 19 % d'intentions d'achat malgré un fort désir (53 %). Côté technologies, les conducteurs plébiscitent les aides à la conduite mais rejettent l'automatisation totale (34 %), exigeant de rester maîtres à bord.

Les Français et l'automobile : les tendances clés en 2026

▶ 94 % des Français considèrent toujours que la voiture leur apporte liberté et réelle autonomie, la dépendance au véhicule s'élève à 81 % à l'échelle nationale, révélant une fracture profonde entre les 45,2 millions d'habitants des régions et les 10 millions de Franciliens.

▶ Face à l'augmentation des coûts, les acheteurs priorisent le pragmatisme économique, créant un écart marquant entre le désir d'électrique (53 %) et la réalité des projets d'achat (19 %).

▶ Sur le plan technologique, si les automobilistes plébiscitent massivement les aides à la conduite comme Apple CarPlay (73 %) et le régulateur adaptatif (72 %), ils rejettent en majorité la conduite autonome (34 %), affirmant leur volonté d'imposer le maintien du conducteur comme maître à bord.

 

Les deux France de l’automobile : dépendance territoriale et singularités régionales

L’enquête met en lumière une opposition marquée entre l’Île-de-France et le reste du territoire national. Pour les 45,2 millions de Français majeurs vivant en régions (Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Ouest et Sud-Est), la voiture reste un équipement totalement incontournable, utilisé quotidiennement ou plusieurs fois par semaine par plus de 90 % de la population. À l’opposé, les près de 12,5 millions de Franciliens bénéficient d’un réseau de transports collectifs dense et de mobilités alternatives qui relativisent le besoin d’un véhicule personnel.

Le Nord-Ouest : le pragmatisme et l’efficacité du quotidien

Dans le Nord-Ouest, 97 % des habitants sont des utilisateurs réguliers de l’automobile, 75 % la considèrent comme essentielle et seuls 13 % déclarent pouvoir s’en passer. La part des déplacements domicile-travail y est nettement supérieure à la moyenne nationale, s’élevant à 36 % contre 29 %. 

Les intentions d’achat y révèlent un choix plus traditionnel, avec 49 % des résidents orientés vers une motorisation thermique contre 41 % à l’échelle de la France. La relation à la voiture y est guidée par l’efficacité pratique plutôt que par la passion : si seuls 31 % des habitants s’intéressent aux salons automobiles, 89 % de ceux-ci les envisagent avant tout comme une opportunité concrète d’évaluer les véhicules en vrai.

Le Nord-Est : un attachement émotionnel et statutaire à la voiture

Avec 90 % d’utilisateurs réguliers, 82 % d’habitants jugeant la voiture essentielle et 83 % ne pouvant s’en passer, le Nord-Est affiche un niveau d’attachement émotionnel unique. 88 % des résidents estiment que la voiture les accompagne dans les différentes étapes de leur vie (contre 82 % en moyenne nationale), et 61 % déclarent avoir déjà ressenti un attachement sentimental envers un véhicule (contre 53 % au niveau national).

La voiture y conserve une forte valeur d’accomplissement social pour 55 % des personnes (vs 45 % en France) et 63 % rêvent de s’offrir un modèle haut de gamme si leurs moyens le permettaient (vs 55 %). Cette région enregistre le plus fort taux d’intérêt pour les salons automobiles en France (43 %), perçus à la fois comme des vitrines d’innovation (89 %) et comme des moments de découverte et de plaisir (84 %).

Les exigences en matière d’équipement (74 % vs 65 %), de technologies (68 % vs 57 %), de design (57 % vs 53 %), de qualité sonore (45 % vs 38 %) et de statut projeté (32 % vs 25 %) y dépassent systématiquement les moyennes nationales.

Le Sud-Ouest : l'usage du véhicule dicté par une nécessité absolue

Le Sud-Ouest enregistre les scores d’utilité et de dépendance les plus élevés de l’enquête : 99 % des habitants utilisent régulièrement la voiture, 89 % déclarent ne pas pouvoir s’en passer et 87 % la jugent essentielle. Cette vocation strictement fonctionnelle s’accompagne d’une faible projection statutaire : seuls 39 % rêvent d’un véhicule haut de gamme (vs 55 % en France) et 31 % y voient un marqueur social (vs 45 %). 

Le Sud-Ouest s’avère la région la moins engagée envers l’univers des salons automobiles avec 29 % d’intérêt. Néanmoins, lorsqu’ils s’y intéressent, 94 % des visiteurs du Sud-Ouest y cherchent en priorité un lieu d’échange avec des professionnels, ce qui constitue le niveau le plus fort observé.

Le Sud-Est : un équilibre entre besoin fonctionnel, désirabilité et expérience

L’usage de l’automobile y est massif (95 %) et 84 % des résidents déclarent ne pas pouvoir s’en passer. Le Sud-Est se distingue par un intérêt plus marqué pour l’automobile que dans l’Ouest, avec 34 % de curiosité pour les salons automobiles. Les habitants y apprécient particulièrement la découverte des innovations (93 %) et l’expérience physique de voir les véhicules en vrai (88 %), faisant de la voiture un objet à la fois utile, désirable et source d’expérience.

Île-de-France : un recours accru aux transports et mobilités alternatives, mais une forte sensibilité aux technologies

En Île-de-France, l’usage quasi quotidien tombe à 77 %, 56 % jugent la voiture essentielle et 38 % déclarent pouvoir s’en passer. De plus, 20 % des foyers franciliens ne possèdent aucun véhicule, contre 10 % à l’échelle nationale. Cette situation s’explique par un recours accru aux transports en commun pour 54 % des habitants (vs 37 % en France) et par un usage purement occasionnel pour 32 % d’entre eux (vs 14 %). 

Cependant, les Franciliens restent technophiles et réceptifs à l’univers automobile : 59 % accordent une importance majeure à la marque (+9 points vs moyenne nationale) et 66 % aux technologies intégrées (vs 57 % en France). Ils se positionnent comme les leaders de la transition énergétique, avec seulement 29 % d’intentions d’achat en thermique (vs 41 %) au profit des véhicules hybrides (57 % vs 39 %). Enfin, 36 % s’intéressent aux salons automobiles, qu’ils perçoivent à 90 % comme des vitrines essentielles des mobilités de demain.

Pouvoir d’achat et transition électrique : le réalisme économique aux commandes

Au-delà des clivages régionaux, la relation des Français à leur véhicule est fortement marquée par le plaisir de conduire (64 % des Français, 87 % des hommes et 80 % des femmes) et le sentiment d’attachement sentimental (51 % au global et 56 % chez les ouvriers et employés). La dépendance touche en priorité les actifs éloignés des centres-villes : 47 % des 25–55 ans utilisent leur voiture pour plus de la moitié de leurs déplacements professionnels, contre seulement 12 % des plus de 55 ans.

Sécurité et coût à l'usage : les critères d'achat prioritaires

Dans un contexte d’inflation des prix des véhicules et des carburants, la sécurité (93 %) et le coût à l’usage (91 %) forment le duo de tête des critères d’achat, suivis du confort intérieur (88 %) et du niveau d’équipement (65 %). La performance (62 %) et l’écologie (62 %) arrivent en second plan. 

Les femmes placent la sécurité en priorité absolue à 96 % (vs 89 % chez les hommes). Les hommes se montrent plus attirés par le prestige (63 % envisageraient un achat haut de gamme vs 48 % des femmes) et suivent davantage l’actualité automobile (44 % vs 20 %).

Le passage à l'électrique freiné par l'obstacle du prix

Bien que la part de marché des modèles zéro émission ait atteint un niveau record de 29 % en mars 2026 sous l’effet de la hausse des carburants et des baisses de prix comme celles de la Tesla Model Y, des freins financiers majeurs subsistent. Un écart persistant sépare les 53 % de Français désirant un véhicule 100 % électrique des 19 % qui prévoient réellement d’en acheter un. 

L’intérêt pour l’électrique varie entre les CSP+ (60 %) et les CSP- (52 %). La jeunesse représente un défi spécifique : bien que 84 % des 16–24 ans rêvent d’un véhicule haut de gamme, seuls 47 % sont tentés par l’électrique, et 54 % prévoient d’acheter un véhicule thermique en raison de leur recours massif au marché de l’occasion (77 %).

L’élasticité-prix et le problème des infrastructures

L’acceptation d’un véhicule électrique urbain à équipements limités dépend directement de son tarif : 44 % des Français sont prêts à acheter à 8 000 €, 36 % à 10 000 € et 28 % à 12 000 €. Un décrochage sévère s’observe dès 15 000 € (13 % d’acheteurs) pour s’effondrer à 5 % à un niveau de prix de 17 000 €. Par ailleurs, 52 % des automobilistes considèrent que le réseau de bornes de recharge publiques demeure insuffisant pour répondre aux besoins de mobilité.

Technologies embarquées : les conducteurs refusent de céder le contrôle

Face à la multiplication des équipements high-tech, les automobilistes français expriment une position claire : l’innovation est plébiscitée tant qu’elle assiste le conducteur sans altérer sa maîtrise de la conduite ni son autonomie.

Le succès des technologies d'aide à la conduite

Les équipements qui prolongent les capacités humaines sans retirer le contrôle arrivent largement en tête des suffrages : la réplication smartphone via Android Auto ou Apple CarPlay domine avec 73 % d’intérêt, suivie du régulateur de vitesse adaptatif à 72 %. Le stationnement mémorisé (55 %), la conduite à « une pédale » (48 %) et l’assistant de marche arrière (45 %) enregistrent également des scores élevés car ils réduisent le stress des manœuvres répétitives. 

Le plaisir de conduire (exprimé par 84 % des conducteurs) est particulièrement marqué chez les utilisateurs de ces technologies, atteignant 80 % chez les adeptes de CarPlay et 74 % chez les utilisateurs du régulateur adaptatif.

Le rejet de l’automatisation totale

À l’inverse, les technologies qui privent l’automobiliste du contrôle du véhicule ou remplacent son expérience subissent une réticence marquée : la commande vocale par IA obtient 38 % d’intérêt, le stationnement télécommandé par smartphone 36 % et la voiture autonome se classe dernière à 34 %. 

La réserve envers la voiture autonome s’avère particulièrement prononcée chez les plus de 55 ans (25 % d’intérêt), les inactifs (28 %) et les femmes (29 %). Les jeunes de 16–24 ans (51 %) et les CSP+ (45 %) se montrent en revanche nettement plus ouverts à la conduite autonome et aux assistants vocaux intelligents.

Mondial de l’Auto : la vitrine incontournable des mobilités de demain

Dans un paysage automobile en profonde mutation, l’événement conserve une place prépondérante dans l’imaginaire et la concrétisation des projets d’achat. En effet, pour 91 % des Français intéressés par les salons, le Mondial de l’Auto constitue la vitrine indispensable pour découvrir les mobilités de demain. Il demeure le lieu privilégié pour vivre une expérience à la fois affective, esthétique et technique, permettant de tester physiquement les innovations et de négocier sereinement un futur achat.

À propos du Mondial de l’Auto

mondialLe Mondial de l’Auto de Paris est l’un des plus grands salons automobiles au monde et un événement incontournable pour les passionnés comme pour les professionnels du secteur. Il offre une vitrine exceptionnelle sur les innovations technologiques, les nouvelles mobilités et les visions d’avenir de l’industrie automobile mondiale, permettant au grand public de découvrir et de tester les véhicules de demain.

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Rapport complet


À propos de l’enquête

Enquête Ipsos bva réalisée en mai 2026 sur un échantillon national représentatif de 1 000 Français âgés de 18 ans et plus issu d’Ipsos Knowledge Panel. Méthodologie complète dans le rapport d’étude.

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