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Les Français et la mobilité : l'automobile dans un monde post-travail

Après notre immersion dans l'été des Français, Ipsos bva inaugure une nouvelle série dédiée à leurs habitudes en termes de mobilité. Dans ce deuxième épisode, nous nous intéressons à la place de l'automobile dans un monde post-travail. Si l'intelligence artificielle venait à remplacer le travail humain, quel serait l'avenir de nos déplacements ? Dans le prolongement de notre réflexion sur le revenu universel, la communauté Ipsos RealTalk a imaginé la place de la voiture dans un monde affranchi des trajets domicile-travail. Entre le maintien d'une dépendance vitale hors des métropoles, le passage à une mobilité tournée vers les loisirs et l'attrait grandissant pour l'autopartage, l'automobile réaffirme paradoxalement son statut de symbole d'indépendance.

Sommaire de l'épisode

  1. L'automobile : nécessité maintenue face au déséquilibre territorial
  2. De la mobilité subie à l'avènement de la mobilité choisie
  3. Usage contre propriété : l'essor attendu de l'autopartage
Les Français et la mobilité | L'automobile dans un monde post-travail

 

Aujourd’hui, environ trois actifs sur quatre en France (autour de 70 à 75 %) utilisent leur voiture pour aller travailler, notamment hors des grandes métropoles, et dans une proportion beaucoup plus élevée dans les zones rurales et périurbaines.

Dans l’hypothèse où le travail tel que nous le connaissons disparaisse, étant remplacé par des machines et l’Intelligence artificielle, que deviendraient les voitures ?

L'automobile : nécessité maintenue face au déséquilibre territorial

Les participants de la communauté qualitative en ligne RealTalk n’imaginent absolument pas qu’ils pourront se passer de voiture tant que les déséquilibres territoriaux et l’absence d’infrastructures de transports publics ne seront pas résolus. Certes, l’automobile n’interviendra plus – ou à la marge – pour les trajets domicile-travail, mais elle restera incontournable comme véhicule familial et pratique (« Ça ne changerait pas, je l'utiliserai pour mes besoins hors travail »). Pour certains, c’est d’ailleurs déjà le cas : « Je suis aujourd'hui en télétravail total, donc j'utilise ma voiture uniquement à titre personnel ».

À moins d’envisager des achats à distance et des livraisons par drone ou camionnette autonome, des cours réalisés par des robots-enseignants ou des consultations avec des IA à domicile, une foule de services évitant de sortir de chez soi (ce que personne ne mentionne), il faudra toujours « faire les courses », « aller chercher les enfants à l’école », « se rendre à des rendez-vous médicaux », « transporter des objets encombrants », etc. Dans ce contexte, l’automobile apparaît encore comme la seule réponse possible, surtout hors des centres-villes : « J’habite à la campagne et la voiture est essentielle pour les courses et les loisirs, nous n'avons pas accès aux transports en commun ».

De la mobilité subie à l'avènement de la mobilité choisie

Il faut plutôt parler d’un passage d’une mobilité subie à une mobilité choisie, avec des déplacements tournés vers le plaisir : voyages, visites aux proches, loisirs, escapades diverses et variées. Paradoxalement, étant débarrassé de sa fonction « aller du domicile au travail et réciproquement », l’imaginaire de liberté et d’indépendance traditionnellement associé à l’automobile reprend des couleurs (« Je pense que la voiture me servirait à bouger à travers la France et les pays limitrophes », « Il y aura plus de vans aménagés pour éviter de payer l'hôtel et circuler comme je veux »). Pour autant, la fracture ville-campagne reste forte : si beaucoup de citadins imaginent réduire leur usage, les ruraux considèrent la voiture comme indispensable.

Usage contre propriété : l'essor attendu de l'autopartage

Autre conséquence, de nombreux participants s’interrogent sur la nécessité de posséder une voiture et imaginent une transition vers « la location ponctuelle », des « flottes de véhicules à la demande », voire « l'autopartage ».

La dimension un peu futuriste de la question incite aussi à citer la conduite autonome comme l'innovation la plus adaptée à cette nouvelle vie avec les voitures grâce à « un pilotage automatique pour se déplacer sans effort » ou un vaste parc de voitures autonomes à louer. Pour certains, le véhicule autonome et l’IA permettraient notamment de répondre aux besoins des zones rurales ou des personnes âgées moins à l’aise au volant mais qui ne veulent pas renoncer à aller où elles le désirent.

Cette évolution des usages de l’automobile s’accompagne de bénéfices pour les conducteurs et la planète avec des véhicules « moins chers », « moins polluants et plus économes en énergie », « de petite taille », « à hydrogène », etc., comme si la fin de la contrainte du trajet domicile-travail faisait entrer dans un cycle vertueux avec moins de déplacements quotidiens, plus de découvertes, plus d'autopartage et de locations, des véhicules plus sobres et plus flexibles.

Dans un monde où l’Intelligence artificielle transformerait profondément notre rapport au travail et à la mobilité, l’automobile se transforme en outil au service du temps choisi, des loisirs, des visites aux proches et d’expériences inédites. Moins de kilomètres routiniers, davantage de déplacements désirés, rien ne dément le lien essentiel entre automobile et liberté quelles que soient les révolutions technologiques !

Julien Boulad

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Julien Boulad
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Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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