Obs'COP 2026 : changement climatique, pouvoir d'achat et électrification, les nouvelles priorités des citoyens
Les chiffres à retenir
▶ 85 % des Français déclarent avoir subi des épisodes de fortes chaleurs au cours des dernières années, soit une progression de 12 points par rapport à 2025.
▶ 66 % des Français déclarent avoir été confrontés à des épisodes de sécheresse, soit une hausse de 22 points par rapport à 2025.
▶ 60 % des Français sont désormais certains de vivre un changement climatique, un niveau record depuis le lancement du baromètre.
▶ 57 % des Français estiment que les conséquences du changement climatique seront principalement négatives.
▶ 52 % des Français considèrent l’adaptation au changement climatique comme prioritaire, tandis que 38 % la jugent importante.
▶ 60 % des Français déclarent avoir ou souhaiter avoir une climatisation à plus ou moins long terme, contre 70 % à l’échelle mondiale.
▶ Les économies constituent le principal moteur de l’adoption des véhicules électriques et des pompes à chaleur, devant les considérations environnementales.
Le changement climatique est devenu une réalité vécue, mais ne constitue pas toujours une priorité absolue
Des expériences climatiques de plus en plus tangibles, sans progression proportionnelle de l’inquiétude
L’un des constats marquants de l’édition 2026 est l’ampleur de l’expérience concrète du changement climatique. Les canicules et les fortes chaleurs sont de loin les phénomènes climatiques les plus fréquemment observés cette année par les populations. Ils touchent près de sept personnes sur dix à l’échelle mondiale et atteignent des niveaux particulièrement élevés en Europe, où canicules et sécheresses se cumulent davantage qu’ailleurs.
En France, 85 % des citoyens déclarent avoir subi des épisodes de fortes chaleurs au cours des dernières années, soit une hausse de 12 points par rapport à 2025. Par ailleurs, 66 % déclarent avoir été confrontés à des sécheresses, en progression de 22 points. Ces deux indicateurs atteignent des niveaux records depuis le lancement du baromètre.
Cette intensification des événements climatiques extrêmes a toutefois un impact paradoxal sur les représentations. En France, 60 % de la population est désormais certaine de vivre un changement climatique, un niveau record. Pourtant, l’exposition accrue aux événements climatiques ne se traduit pas par une progression proportionnelle de l’inquiétude. Malgré l’été exceptionnel de 2026, les niveaux de préoccupation évoluent relativement peu, y compris dans les pays européens les plus exposés. Il n’existe donc pas d’automaticité entre l’exposition réelle ou ressentie des individus aux événements climatiques et l’impact émotionnel qu’elle provoque.
Autre enseignement : les populations ne dramatisent pas davantage cette année les conséquences à venir du changement climatique. À l’échelle mondiale, 55 % pensent qu’elles seront principalement négatives, un résultat stable par rapport à 2025. En France, cette proportion atteint 57 %, en progression de 3 points. Ces évolutions ne témoignent pas d’un bouleversement soudain des perceptions de l’opinion publique.
Une préoccupation climatique concurrencée par les urgences économiques
Le deuxième enseignement majeur est la progression régulière, depuis 2024, des préoccupations économiques face à l’urgence climatique en Europe et en France.
À l’échelle mondiale, le changement climatique gagne du terrain dans la hiérarchie des préoccupations, mais reste largement devancé par le coût de la vie. Cette concurrence des priorités apparaît également lorsqu’il s’agit d’arbitrer entre environnement et croissance économique. Alors qu’une majorité relative de citoyens dans le monde continue de privilégier l’environnement, l’Europe est désormais partagée à égalité entre les deux options. Pour la première fois en France, la croissance économique et l’emploi passent devant la protection de l’environnement.
Les événements climatiques de 2026 n’ont donc pas provoqué de remobilisation environnementale massive. Les citoyens semblent davantage intégrer le changement climatique comme une contrainte supplémentaire venant s’ajouter à d’autres préoccupations, plutôt que comme l’enjeu dominant devant structurer l’ensemble des politiques publiques.
Les populations ne choisissent pas entre adaptation et atténuation : les deux logiques doivent irriguer les politiques publiques
Une demande d’adaptation à court et à long terme
Les événements climatiques ne sont plus uniquement perçus comme des risques futurs. Ils constituent désormais une réalité qui appelle des mesures d’adaptation sans délai. Cette évolution se traduit par une attente forte de mesures permettant de protéger les populations contre les vagues de chaleur, les sécheresses et les inondations.
Pour autant, les répondants ne réduisent pas l’adaptation à une logique technologique de court terme. Face aux fortes chaleurs, ils privilégient largement des solutions structurelles, telles que l’isolation des bâtiments, la végétalisation des villes ou l’aménagement urbain, plutôt qu’un recours massif à la climatisation.
Cette préférence n’empêche pas les citoyens d’envisager de s’équiper en climatisation. À l’échelle mondiale, 70 % des répondants déclarent en posséder une ou souhaitent en acquérir une à plus ou moins long terme. En France, cette proportion atteint 60 %. Le coût et les contraintes liées au logement constituent toutefois des freins à cet équipement.
La limitation du changement climatique n’est pas sacrifiée au profit de l’adaptation
C’est l’un des enseignements majeurs de cette édition : alors que le débat public de l’été s’est largement focalisé sur l’adaptation des logements et des équipements publics aux canicules, les citoyens maintiennent un équilibre entre adaptation et atténuation.
Lorsqu’ils doivent arbitrer l’affectation des ressources d’un « budget climatique », ils privilégient majoritairement une combinaison des deux approches. En France, l’adaptation est considérée comme prioritaire par 52 % des répondants et comme importante par 38 %. Elle doit ainsi trouver sa place dans le répertoire de l’action publique.
Cette convergence traduit une évolution de la perception du changement climatique. Les citoyens considèrent simultanément que ses effets sont déjà suffisamment visibles pour justifier des politiques d’adaptation ambitieuses et qu’il demeure indispensable d’agir sur les causes du phénomène.
L’émergence d’une culture de l’adaptation ne correspond donc pas nécessairement à une forme de renoncement climatique. Elle reflète plutôt la nécessité d’agir sur deux horizons temporels : se protéger aujourd’hui tout en limitant les risques futurs.
Les citoyens soutiennent l’électrification des usages, à condition qu’elle bénéficie aussi à leur pouvoir d’achat
L’électrification des usages est perçue comme une réponse aux défis énergétiques et climatiques
Dans un contexte marqué par les événements climatiques extrêmes, la crise pétrolière et l’anticipation d’une hausse durable des prix de l’énergie, l’électrification des usages conserve un niveau élevé d’adhésion. Les intentions d’acquérir un véhicule électrique ou une pompe à chaleur progressent fortement, notamment en France et en Europe.
En France comme dans le reste du monde, les citoyens considèrent majoritairement que l’électrification des usages constitue une réponse aux défis énergétiques et environnementaux. En France, elle est d’abord associée au renforcement de l’indépendance énergétique, une attente particulièrement forte depuis les récentes crises énergétiques de 2022 et 2026. Dans d’autres régions du monde, c’est la réduction de la pollution de l’air qui apparaît comme le principal bénéfice, devant les considérations climatiques et sanitaires. L’indépendance énergétique est également particulièrement valorisée dans plusieurs pays du Sud, notamment au Nigeria, en Indonésie, en Chine et en Inde.
Néanmoins, si les bénéfices environnementaux et énergétiques de l’électrification sont largement reconnus, son impact sur le pouvoir d’achat suscite davantage d’interrogations, notamment en Europe, aux États-Unis et au Canada. À l’inverse, les populations des pays du Sud anticipent davantage des effets bénéfiques sur leur budget personnel, or c’est précisément la perspective d’économies qui apparaît comme le principal levier de passage à l’action.
Les consommateurs franchissent avant tout le pas de l’électrification pour réaliser des économies
La perspective de réduire ses dépenses de carburant constitue de loin la première motivation d’achat d’un véhicule électrique, devant les considérations environnementales. Ce constat peut contribuer à expliquer la progression des intentions d’acquisition observée cette année, dans un contexte de hausse des prix des carburants.
La tendance est similaire pour les pompes à chaleur, dont l’adoption est avant tout motivée par les économies attendues sur la facture énergétique et les aides financières disponibles, davantage que par la protection de l’environnement.
C’est l’un des enseignements centraux de cette étude : les solutions d’électrification des usages ne seront durablement acceptées et adoptées par les citoyens que si elles contribuent également à améliorer leur pouvoir d’achat.
Pour autant, les principales solutions d’électrification continuent de se heurter à des freins importants. Le coût d’acquisition demeure le premier obstacle à l’achat d’un véhicule électrique, devant les questions d’autonomie ou de durée de vie des batteries.
Malgré son intérêt économique potentiel, la voiture électrique continue ainsi de susciter des réserves en Europe, et plus encore en France. Les Français et les Européens sont également de plus en plus opposés à l’interdiction de la vente de véhicules thermiques d’ici à 2035.
En parallèle, si la pompe à chaleur bénéficie d’une image globalement positive et apparaît comme l’une des solutions les plus consensuelles, son coût d’acquisition et d’installation reste l’une des principales barrières à son déploiement.
Ces résultats soulignent un paradoxe : les citoyens sont prêts à adopter ces technologies lorsqu’elles permettent de réaliser des économies substantielles, mais les coûts initiaux continuent d’alimenter les doutes sur leur intérêt économique réel. Certains répondants craignent également que le prix de l’électricité augmente lorsque les usages électriques se généraliseront. Ces éléments soulignent l’importance de poursuivre les efforts de pédagogie sur les bénéfices financiers de ces équipements et de maintenir dans la durée des dispositifs d’accompagnement adaptés.
Produire une électricité décarbonée et souveraine : un consensus autour des renouvelables, complété par le nucléaire
Au-delà des usages, les citoyens expriment également des préférences concernant les modes de production d’électricité. Les énergies renouvelables demeurent de loin les technologies les plus plébiscitées et s’imposent comme les principales énergies d’avenir dans la plupart des pays.
Parallèlement, le soutien au nucléaire continue de progresser. Cette énergie est de plus en plus reconnue comme un levier permettant de concilier trois objectifs majeurs : la lutte contre le changement climatique, l’indépendance énergétique et la sécurité d’approvisionnement.
En France comme dans de nombreux pays, le nucléaire s’installe désormais durablement parmi les solutions d’avenir jugées nécessaires pour produire une électricité à la fois décarbonée, abondante et souveraine.
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À propos d’EDF
Le groupe EDF est un acteur majeur de la production d’électricité bas-carbone, présent sur l’ensemble des métiers de l’électricité : production, transport, distribution, commercialisation et services énergétiques. Avec une présence internationale et un mix énergétique reposant principalement sur le nucléaire et les énergies renouvelables, le Groupe contribue à la transformation du système énergétique.
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À propos de cette enquête
Enquête Ipsos bva pour EDF menée du 24 août au 1er octobre 2026 auprès de 26 500 personnes dans 30 pays. Méthodologie complète dans le rapport d’étude.