Plus de 8 Français sur 10 opposés à l'éradication des loups

Ipsos publie une étude réalisée pour One Voice interrogeant les Français sur leur perception des loups. Si cette étude révèle l'influence des œuvres de fiction sur leur image perçue comme négative, une majorité de Français se déclare consciente du décalage entre la fiction et la réalité. Ainsi, quelle est leur prise de position face aux mesures menaçant leur préservation ? Est-il envisageable d'appeler à davantage de responsabilisation des éleveurs selon les Français ?

Les œuvres de fiction véhiculent une image négative des loups et influencent la perception qu’ont les Français de ces animaux

Les Français s’accordent à dire que les histoires, contes et légendes ont un rôle à jouer dans la vision qu’ils ont des loups. 65% pensent que l’image des loups dans les fictions est généralement négative, un chiffre encore plus haut chez les habitants de zones rurales (73%). Les femmes sont plus nombreuses à percevoir l’image des loups véhiculées par ces histoires comme négative (67%) que les hommes (63%).  

Cette image négative véhiculée par les histoires peut avoir un impact sur la perception des loups. La majorité des Français affirment en effet que ces fictions ont influencé leur perception des loups (53%), bien qu’ils soient globalement conscients que ces représentations ne coïncident pas vraiment avec la réalité (65%).  

Une moindre inquiétude des Français à l’égard des loups perçus comme des animaux indispensables à la biodiversité française…

Une minorité de Français éprouvent de l’anxiété à l’égard des loups. Ils ne sont que 32% à craindre leur présence en France, et 8% confient en être très inquiets. Ce chiffre est globalement stable selon le sexe du répondant et sa zone de résidence.  

Logiquement, les Français interrogés affirment aussi de manière significative que la présence des loups en France ne représente pas un risque pour eux-mêmes et leur famille (82%). Les hommes craignent légèrement plus les loups (21% contre 15% pour les femmes). Cette absence de crainte peut notamment s’expliquer par le fait que les Français sont pour la plupart conscients que les loups ont tendance à fuir les humains (80%).

Les loups sont des animaux utiles aux yeux des Français. Ces derniers s’accordent en effet à dire que ces animaux sauvages jouent un rôle prépondérant dans l’équilibre de l’écosystème (82%) et qu’ils ont largement leur place dans la nature en France (86%). Convaincus de l’utilité des loups, la majorité des Français (81%) considèrent que le retour des loups en France représente un réel bienfait pour la biodiversité.  

Les répondants sont farouchement opposés aux mesures mettant en péril la conservation des loups en France…

Le constat est clair : 83% des Français sont défavorables à l’éradication totale des loups en France. Ils sont seulement 6% à y être tout à fait favorable. Ils sont 83% à se dire favorable à l’interdiction de tirer sur des espèces en mauvais état de conservation, et 69% à vouloir interdire les dérogations permettant des tirs létaux sur les loups.

A l’échelle nationale, 73% des individus interrogés estiment qu’il est inacceptable que l’Etat français fasse abattre des animaux issus d’espèces protégées telle que les loups pour la simple raison qu’ils peuvent représenter un risque pour l’élevage.

A l’échelle européenne, 68% des Français ne souhaitent pas une modification du statut des loups d’espèce « strictement protégée » à espèce « protégée » par l’Union Européenne, car cela engendrerait un assouplissement de la réglementation pour les abattre.

La majorité des Français affirme que les loups ne sont pas agressifs et qu’ils s’en prennent aux troupeaux non protégés  

La majorité des Français affirme que les loups ne sont pas des animaux agressifs (56%). Faute de protections efficaces des troupeaux de bêtes par leurs éleveurs, 84% des Français déplorent les attaques des loups sur les troupeaux non protégés.  

Afin d’épargner au maximum les troupeaux des attaques des loups, les Français souhaitent ainsi une plus grande responsabilisation des éleveurs. Ils sont ainsi largement favorables à ce que les éleveurs soient davantage tenus de mettre en place des mesures de protection pour leurs troupeaux (87%). Dans cette même lignée, 85% des Français veulent que les éleveurs soient indemnisés par l’argent public si et seulement si ceux-ci mettent en place des mesures de protection de leurs troupeaux (présence humaine, enclos, chiens…). 

A propos de One Voice

One Voice Ipsos loupsOne Voice, association de loi 1908, a été créée par Muriel Arnal en 1995. Elle agit en France et dans le monde pour le respect des animaux, pour la planète et pour les humains. Elle développe des campagnes de lobbying et de sensibilisation en s'appuyant notamment sur le travail d'investigation de ses enquêteurs et des rapports d'experts. Elle travaille avec des ONG internationales, des sanctuaires et des refuges partout dans le monde.

En savoir plus →


A propos de cette étude

Enquête réalisée du 30 octobre au 4 novembre 2024 auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 à 75 ans, interrogées par internet via l’Access Panel Online d’Ipsos.

Auteur(s)

Articles liés

  • Intelligence artificielle | Santé | Baromètre prospectif VYV
    Santé Enquête

    Intelligence artificielle : les Français veulent une innovation de confiance au service de la santé

    Alors que l’intelligence artificielle et les technologies numériques transforment notre quotidien, les Français portent sur cette évolution un regard à la fois ouvert et exigeant. S’ils reconnaissent son potentiel pour améliorer l’accès à l’information, faciliter certaines tâches ou faire progresser le système de santé, ils expriment également de fortes attentes en matière de protection des données, de régulation et de maintien de la relation humaine.
    À l’occasion de la publication du volet « Intelligence artificielle et nouvelles technologies » de son Baromètre prospectif Les grandes transformations en France à horizon 10 ans : le regard des Français, réalisé avec Ipsos bva, le Groupe VYV explore les conditions de confiance nécessaires au déploiement de ces innovations. Dans quelle mesure les Français sont-ils prêts à partager leurs données personnelles pour bénéficier des promesses de l’intelligence artificielle en matière de santé ? Comment concilier innovation technologique, protection de la vie privée et place de l’humain dans les parcours de soins ?

    Les résultats mettent en lumière une société qui ne rejette pas l’innovation, mais souhaite qu’elle reste au service de l’humain. Cette attente rejoint l’ambition portée par le plan stratégique Impulsions 2030 du Groupe VYV, qui vise notamment à faire du numérique « un levier de progrès éthique et sécurisé au service de la santé de tous ».
  • AXA Future Risks Report 2026 | Risques émergents
    Risques Enquête

    AXA Future Risks Report 2026 : l’intelligence artificielle devient la première préoccupation des experts, devant le changement climatique

    Aujourd’hui, AXA publie la 13e édition de l’AXA Future Risks Report, réalisée en partenariat avec Ipsos. Ce rapport analyse chaque année l’évolution de la perception des risques à travers les réponses de milliers d’experts et de citoyens dans le monde. L’édition 2026 marque un tournant : pour la première fois depuis la création de l’AXA Future Risks Report, les risques liés à l’intelligence artificielle et au big data arrivent en tête du classement des experts, devant le changement climatique. L’IA était classée quatrième en 2025.
  • Confiance interpersonnelle | Vivre-ensemble
    Lien social Enquête

    Confiance : 91 % des Français jugent urgent de recréer du lien entre les individus

    Méfiance envers les institutions, polarisation des opinions, délitement du lien social : le débat public dépeint une société qui se replierait sur son cercle intime. Un constat qui ne raconte pourtant qu'une partie de l'histoire, car au même moment, des millions de personnes continuent à coopérer, à partager, et à ouvrir leur logement à des inconnus.
    De ce paradoxe est né le Baromètre de la confiance HomeExchange, le numéro un mondial de l'échange de maisons, réalisé avec l'institut Ipsos bva : la confiance recule-t-elle vraiment, ou change-t-elle de mécanismes ? Premier constat : l'envie de faire confiance est bien là. Reste à savoir à quelles conditions elle s'exerce, et ce qui se passe quand on passe de l'idée à l'acte.