Si le désir de changement ou l’affinité partisane pèsent dans l'isoloir, le fond et les programmes demeurent le moteur principal du vote. À sept mois du premier tour, l’analyse de la troisième vague de l'enquête électorale française menée par Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour le Monde, la Fondation Jean Jaurès, le CEVIPOF et l'Institut Montaigne souligne un fort décalage entre les préoccupations citoyennes, largement dominées par les urgences économiques et sociales, et les thèmes que les Français s'attendent à voir imposés par les candidats et les médias. Dans cette note pour la Fondation Jean Jaurès, Adélaïde Zulfikarpasic dresse la cartographie des enjeux prioritaires par électorat et alerte sur la nécessité de ne pas se tromper de bataille.
La gauche avait attendu cent ans pour revenir à la mairie : en s'imposant en 2008, Philippe Duron, alors président socialiste du Conseil régional, devenait le premier maire de gauche à Caen depuis René Perrotte, radical-socialiste, qui avait dirigé la ville de 1908 à 1919. Selon l'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Basse-Normandie et France Bleu Basse-Normandie, l'expérience pourrait néanmoins être de courte durée.
Les Municipales 2014 à Nancy marqueront la fin de l'ère André Rossinot, qui se retire après 31 ans passés à la tête de la ville. L'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Lorraine montre que cette élection pourrait aussi permettre à la gauche de diriger la ville. Ce serait historique : depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Nancéiens n'ont élu que des maires de droite.
L'enquête Ipsos/Steria réalisée à la Rochelle pour France 3 Poitou Charentes, France Bleu La Rochelle et Sud Ouest montre que la gauche, qui totalise près de 70% des intentions de vote premier tour, devrait conserver sans problème une ville qu'elle dirige depuis 1971. Comme en 2008 et 2001 la droite parlementaire ne convainc pour l'instant qu'un électeur sur quatre, avec la liste UMP-UDI conduite par Dominique Morvant créditée de 19% d'intentions de vote et une liste centriste à 4%. Le FN recueille 7% d'intentions de vote et ne semble pas en mesure d'atteindre la barre des 10% nécessaires pour se maintenir au second tour.
L'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Rhône Alpes et France Bleu Saint-Etienne Loire montre que la réélection du maire sortant Maurice Vincent, à la tête d'une liste PS-PC-PRG, n'est pas assurée. Avec un bilan mitigé - 53% des Stéphanois sont satisfaits du travail accompli au cours du dernier mandat contre 40% de mécontents, ce qui est en-deçà de ce que l'on mesure habituellement pour les villes de cette taille - sa liste accuse un léger retard dans les intentions de vote premier tour, à 34% contre 35% pour la liste UMP-UDI-MoDem conduite par Gaël Perdriaux.
Raymond Couderc (UMP), maire de Béziers depuis 1995 et régulièrement élu au premier tour, a préféré ne pas se représenter pour un quatrième mandat et passer la main au député Elie Aboud, son premier adjoint de 2008 à 2012. Mais l'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Languedoc-Roussillon et France Bleu Hérault montre que ce passage de flambeau ne sera pas une formalité.
A Toulouse, la compétition municipale oppose le maire sortant Pierre Cohen (PS) à son prédécesseur Jean-Luc Moudenc (UMP). L'issue du scrutin de 2008 avait été très serrée, Pierre Cohen gagnant avec 1200 voix d'avance (50,42%). L'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Midi-Pyrénées, France Bleu Toulouse et La Dépêche du Midi laisse présager d'un "match retour" tout aussi indécis.
L'issue de l’élection municipale à Bastia s'annonce très indécise. Selon l'enquête Ipsos/Steria réalisée à cinq semaines du scrutin pour France 3 Corse Via Stella, France Bleu RCFM et Corse-Matin, la liste PRG-PC conduite par Jean Zuccarelli est en tête des intentions de vote au premier tour, à 35%. Mais ce niveau est très en-deçà des scores obtenus par son père Emile aux premiers tours des municipales 2008 (49,7%) et 2001 (46,9%).
Selon l'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Corse Via Stella, France Bleu RCFM et Corse-Matin, à cinq semaines du scrutin, la liste d'union de la gauche, conduite par le maire sortant Simon Renucci, est en tête au 1er tour, créditée de 39% des intentions de vote.