Saint-Etienne : une triangulaire en perspective

L'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Rhône Alpes et France Bleu Saint-Etienne Loire montre que la réélection du maire sortant Maurice Vincent, à la tête d'une liste PS-PC-PRG, n'est pas assurée. Avec un bilan mitigé - 53% des Stéphanois sont satisfaits du travail accompli au cours du dernier mandat contre 40% de mécontents, ce qui est en-deçà de ce que l'on mesure habituellement pour les villes de cette taille - sa liste accuse un léger retard dans les intentions de vote premier tour, à 34% contre 35% pour la liste UMP-UDI-MoDem conduite par Gaël Perdriaux.

Plus globalement, l'ensemble des forces de gauche et d'extrême-gauche totalise 47% d'intentions de vote (7% pour la liste EELV, 4% pour le Parti de Gauche, 2% pour l'extrême-gauche), contre 37% au total pour les deux listes de droite. Avec 16% d'intentions de vote, le FN serait assuré de passer la barre des 10% nécessaire pour se maintenir au second tour.

Une triangulaire pourrait aider la gauche à conserver la ville. Malgré des déperditions dans les reports de voix, la liste d'union de la gauche est en effet créditée de 45% d'intentions de vote au second tour, contre 41% à la liste UMP-UDI-MoDem et 14% à la liste FN. Pour autant, la victoire du maire sortant n'est pas garantie et le souvenir du scrutin de 2001 incite à la prudence. A l'époque, le FN avait perdu cinq points entre le premier tour (17,4% des suffrages) et le second tour (12,2%), ce qui avait sans doute contribué à la victoire du candidat de droite, Michel Thollière. Un tel scénario n'est pas à exclure : déjà, 14% des électeurs frontistes du premier tour ont l'intention de voter pour Gaël Perdriaux au second tour, ce qui explique la baisse de 16% à 14% dans les intentions de vote pour le candidat FN. Il suffirait dès lors que ce phénomène s'amplifie un peu pour que la ville rebascule à droite. Ce n'est certes pas ce que l'on mesure aujourd'hui, mais, à un mois du scrutin, l'élection pourrait bien être plus serrée qu'il n'y paraît.

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