64% des Français sont opposés à l’utilisation des animaux pour la recherche scientifique

Ipsos et le Gircor publient la troisième vague du baromètre sur « les Français et le recours aux animaux à des fins scientifiques ». Les Français sont partagés sur l'utilisation des animaux en recherche scientifique. Bien que la majorité y soit opposée, une grande partie reconnaît sa nécessité. Toutefois, une méconnaissance persiste sur les détails de ces pratiques.

Auteur(s)
  • Etienne Mercier Directeur Opinion et Santé - Public Affairs
  • Adeline Merceron Responsable d'activité santé - Département Public Affairs
  • Alexandre Leray Chargé d'études
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Les chiffres clés de l’enquête :

  • Sur le principe, une majorité de Français se déclare opposée à l'utilisation des animaux à des fins scientifiques (64%) mais dans le même temps, 70% des Français estiment que la recherche animale est toutefois nécessaire (-4 points) depuis 2021.

  • De même 71% des Français considèrent qu’il faut l’autoriser, dans tous les domaines de la recherche pour 28% des interviewés ou seulement pour trouver de nouveaux traitements et médicaments pour 43%. Seuls 29% estiment qu’il faut l’interdire pour toute forme de recherche quelle qu’elle soit (+ 4 pts depuis 2021).
  • Les Français considèrent que le recours aux animaux dans la recherche est particulièrement justifié lorsqu’il contribue à mieux soigner et traiter les maladies animales (71%), lorsqu'il n'y a pas d'autres solutions pour faire avancer la recherche médicale (69%) ou encore quand l'objectif est de trouver de nouveaux traitements contre des maladies que l'on ne sait pas soigner aujourd'hui (67%).
  • Les Français connaissent très peu les espèces les plus souvent utilisées en laboratoire (38%), les méthodes alternatives à l’expérimentation animale (27%) ou encore les conditions de vie des animaux en laboratoire (26%).
  • 70% des Français font confiance aux chercheurs pour utiliser chaque fois que cela est possible des méthodes alternatives qui ne font pas appel à l’utilisation des animaux.
  • Leur confiance dans les scientifiques pour respecter la réglementation et les règles éthiques est majoritaire (57%, stable depuis 2021). Ils ont aussi confiance en eux pour limiter les expériences sur les animaux quand cela est possible (54%, +11 pts depuis 2015).

La recherche médicale reste une très forte source d’espoir pour les Français.

  • Lorsqu’ils pensent à la recherche scientifique, les Français ressentent d’abord de l’espoir (85% contre 86% en 2021) mais aussi de l’intérêt (76% contre 75% en 2015) et de la confiance (68% contre 67% en 2021).

  • La grande majorité des interviewés considère que la recherche a permis des progrès importants dans le domaine médical, même si leur adhésion atteint son plus bas niveau (88% contre 89% en 2021 et 95% en 2015). Ils estiment que c’est aussi le cas dans le domaine des soins des maladies chroniques (86%, +4 pts) et de la biologie (85%, -2 pts).
  • Parmi les 6 espoirs que suscitent le plus la recherche scientifique, 3 d’entre eux appartiennent à la sphère de la santé : guérir le cancer (cité en 1er par 63% des Français), guérir les maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson (cité en 2ème par 48% des interviewés) et guérir les maladies infectieuses émergentes comme la Covid-19 (cité en 6ème par 18%). Les problèmes liés à l’environnement progressent aussi : solutionner le dérèglement climatique (33%, +3 pts depuis 2021), trouver une forme d’énergie totalement propre (29%, +4 pts) ou encore préserver la biodiversité (17%, +2 pts).

S’ils sont opposés au principe de l’utilisation des animaux dans la recherche, les Français estiment toujours très majoritairement que c’est nécessaire dans le domaine de la santé, même si cette opinion baisse un peu.

  • Sur le principe, les Français restent opposés à l’utilisation des animaux par la recherche scientifique et ce sentiment progresse (64% y sont opposés, +2 pts depuis 2021).
  • Les Français restent très sensibles à la cause animale. Ils considèrent inacceptable qu’on élève des animaux pour leur fourrure (83%), pour la corrida (82%), le cirque (72%) ou la chasse (71%).
  • Toutefois, les Français estiment dans leur très grande majorité que le recours aux animaux est nécessaire lorsqu’il s’agit de la recherche dans le domaine de la biologie et de la santé (70%). Seulement 30% disent qu’elle n’est pas nécessaire et disent y être défavorables (30%, +4 pts depuis 2021)
  • Par ailleurs, 71% des Français estiment qu’il faut autoriser le recours à des animaux à des fins de recherche scientifique, dans tous les domaines pour certains (28%, +2 pts depuis 2021) ou seulement pour faire avancer la recherche sur les traitements et les médicaments (43%, -6 pts depuis 2021).
  • Il n’en demeure pas moins que près d’1 Français sur 4 estime qu’il faut l’interdire totalement et que rien ne saurait justifier le recours au animaux dans la recherche (29%), un chiffre en progression de 4 pts par rapport à 2021.

De leur propre aveu, les Français savent assez peu de choses sur les modalités de recours aux animaux par la recherche scientifique.

  • Les Français s’avouent mal informés sur l’utilisation des animaux à des fins scientifiques, que ce soit les espèces qui sont le plus souvent utilisées (seulement 38% se disent bien informés, +5 pts depuis 2021), les méthodes alternatives à l’expérimentation animale (27%), les conditions de vie en laboratoire (26%) ou encore la réglementation qui encadre le recours aux animaux pour la science (25%, + 5 pts depuis 2021).
  • Les idées fausses ont la vie dure : la grande majorité des Français ne sait pas qu’il existe des alternatives pour remplacer les animaux dans la recherche (60%), qu’il est interdit d’utiliser les grands singes (59%) ou encore que les souris et les poissons sont les animaux les plus utilisés en recherche (91%)

Les Français ont confiance dans les chercheurs pour avoir un comportement éthique et respecter les réglementations.

  • Près des trois-quarts des Français font confiance aux chercheurs pour utiliser des méthodes alternatives à l'expérimentation animale chaque fois que cela est possible (70%, -1 point par rapport à 2021).

  • Les Français estiment que les animaux sont utilisés par les scientifiques principalement parce qu'ils sont irremplaçables pour certaines études (63%) et qu'il n'y a pas assez de méthodes alternatives (60%).
  • 56% des personnes interrogées estiment que les méthodes alternatives augmentent l'espoir de réduire voire d'éliminer le recours aux animaux. 1 Français sur 4 considère aussi qu'elles permettent de diminuer l'utilisation des animaux sans les remplacer totalement (25%). Mais 19% estiment qu'on aura toujours besoin des études sur animaux.
  • Les Français font majoritairement confiance aux scientifiques qui utilisent des animaux pour leurs recherches pour respecter la réglementation et les règles éthiques (57%, stable par rapport à 2021), limiter les expériences sur animaux (54%, +1 pt par rapport à 2021). Ils sont plus partagés sur leurs capacités à veiller au bien-être des animaux (51% leur font confiance, + 3pts) et leur éviter de souffrir (51%, + 3 pts).

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A propos de Gircor

Le Gircor est une association regroupant des acteurs de la recherche et de l’enseignement, publics ou privés, ayant recours aux animaux à des fins scientifiques. Elle a pour mission de répondre aux interrogations du public sur l'utilisation des animaux et des méthodes alternatives dans la recherche, leurs enjeux et leur nécessité ; de contribuer à l'amélioration des pratiques pour une recherche éthique et responsable à travers notamment l'application des 3R, le développement des méthodes alternatives et la "culture of care" ; de promouvoir la transparence des structures utilisant des animaux à des fins scientifiques ou réglementaires.


 A propos de cette étude

Enquête menée par Ipsos en France du 18 au 21 septembre 2023 interrogé par Internet via l’Access Panel Online d’Ipsos, auprès d'un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française âgée de 16 ans et plus.

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  • Etienne Mercier Directeur Opinion et Santé - Public Affairs
  • Adeline Merceron Responsable d'activité santé - Département Public Affairs
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