Homosexualité dans le football : perceptions des Français

Dans une étude menée auprès de 2 176 Français, Foot Ensemble, en partenariat avec le Département Tendances & Prospective d’Ipsos, analyse l’acceptation de l’homosexualité, décrypte l’homophobie dans la société et dans le milieu du football et propose également des pistes pour lutter contre ce phénomène.

Les Français acceptent aujourd’hui largement l’homosexualité. Pour autant, l’homophobie reste perçue comme répandue dans la société et dans le milieu du football 

Plus de 8 Français sur 10 (85%) jugent l’homosexualité acceptable (dont « tout à fait acceptable » 60%) quand 15% considèrent qu’elle ne l’est pas.

De même, l’homosexualité dans le milieu du football est largement acceptée :

  • par les Français (82% dont 58% « tout à fait acceptable »),
  • par ceux qui s’intéressent au football (80% dont 51% « tout à fait acceptable ») 
  • et par ceux qui pratiquent le football (79% dont 54% « tout à fait acceptable »).

Cependant, dans le même temps, 4 Français sur 5 (81%) pensent que l’homophobie est répandue dans la société et près de 3 Français sur 4 (74%) déclarent qu’elle l’est également dans le milieu du football.

L’homophobie, à l’instar d’autres discriminations comme le racisme ou le sexisme, est donc perçue comme répandue. Mais la hiérarchie dans la perception de ces phénomènes est différente si l’on parle de la société française ou du milieu du football :

  • Près de 9 Français sur 10 considèrent que le racisme et le sexisme sont répandus dans la vie de tous les jours (respectivement 90% et 86%). L’homophobie, très présente, est quelque peu en retrait (81%).
  • Dans le milieu du football, les phénomènes perçus comme répandus sont d’abord le sexisme (77%) et l’homophobie (74%). Le racisme (61%) est nettement en retrait – effet France 98 ?

Dans ce contexte, la majorité des français considère qu’il est difficile d’être homosexuel, a fortiori dans le milieu du football 

1 Français sur 2 (50%) considère qu’il est difficile d’être homosexuel dans l’Hexagone.

Cette perception s’accentue concernant le milieu du football : près de 7 Français sur 10 (69%) jugent qu’il est difficile de vivre son homosexualité dans le milieu du football, et plus particulièrement pour un joueur professionnel (79% vs 61% pour une joueuse professionnelle).

Cette difficulté à vivre son homosexualité dans le milieu du football s’explique notamment par des propos homophobes enracines et banalises, en particulier chez les amateurs de football

1 Français sur 4 (25%) et 1 spectateur de match de foot sur 3 (34%) admet tenir des propos homophobes tels que « pédé », « tarlouze », « tapette » devant un match de football. Cette attitude s’amplifie plus l’investissement dans le football est grand : ces propos devant les matchs de football sont ainsi prononcés par 58% chez ceux qui pratiquent le football.

Ces mots sont perçus comme des insultes ou des propos blessants pour les personnes homosexuelles par près de 2 Français sur 5 (respectivement 45% et 41%). Plus d’1 Français sur 4 (27%) les juge également homophobes.

En revanche, ces propos sont plus banalisés chez les amateurs de football : parmi ceux qui pratiquent le football, 40% reconnaissent que ce sont des insultes, 24% pensent qu’ils peuvent être blessants pour les personnes homosexuelles et seuls 12% les considèrent comme homophobes. 36% estiment que ces mots sont dits sans rapport avec l’homosexualité (vs. 30% des Français) et 15% les incluent dans le folklore du football (« Ce sont des mots habituels dans certains sports »). Seuls 13% jugent que ces propos devraient être interdits (vs. 22% des Français)

La lutte contre l’homophobie dans le milieu du football est jugée essentielle par la très grande majorité des français et passe notamment par la sensibilisation des plus jeunes dans les clubs

Face à ces constats, la lutte contre l’homophobie dans le milieu du football est perçue comme essentielle pour la grande majorité des Français (85%), et ce, principalement via la sensibilisation des plus jeunes au sein des clubs (46% des Français considèrent cela comme prioritaire pour lutter contre l’homophobie) ainsi que par la sensibilisation des entraîneurs et responsables de clubs professionnels (42%).

Cette lutte s’avère d’autant plus pertinente que les propos tels que « pédé », « tarlouze », « tapette », s’ils étaient prononcés dans le cadre du club de football des enfants des Français interrogés, seraient beaucoup moins acceptables que devant un match. Les Français qui pratiquent le football sont particulièrement sensibles à ces propos, dès lors qu’il s’agit du club de leurs enfants : il s’agirait d’insultes (49%), de propos dévalorisants (28%), homophobes (29%) ou qui devraient être interdits (28%).

Fait intéressant à souligner, le coming out d’un joueur de football professionnel qu’ils apprécient serait particulièrement bien accepté auprès des amateurs de football : 1 sur 2 estime que cela ne changerait rien à leur opinion actuelle à l’égard de ce joueur, 29% estiment que cela les laisserait indifférents et 1 sur 4 (25%) resterait supporter de ce joueur. Seuls 7% seraient déçus.

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Fiche technique :
Étude menée auprès de 2 176 Français âgés de 16 à 75 ans, interrogés online via notre panel Ipsos, entre le 6 et le 8 février 2018.

Auteur(s)

  • Doan-Anh Pham - Directrice Adjointe du département Trends & Prospective, Ipsos
    Doan-Anh Pham
    Directrice Adjointe Trends & Prospective, Ipsos

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