Internet : la France ne comble pas son retard
Deux ans après son discours d'Hourtin, Lionel Jospin va de nouveau plaider en faveur d'un développement de l'internet en France. Les diverses enquêtes montrent cependant que l'Hexagone demeure en retard par rapport à ses grands voisins européens.
Internet s'implante en France sans doute sûrement mais diablement lentement. Alors que Lionel Jospin s'apprête à prononcer, le 26 août à Hourtin, un nouveau discours sur les technologies de l'information et de la communication, le développement du réseau mondial dans l'Hexagone reste marqué par son retard. Une enquête Médiamétrie, réalisée au deuxième trimestre 1999, indique certes que 4,7 millions de personnes se seraient connectées à internet au cours des douze derniers mois, soit une progression de 3,4% par rapport au premier trimestre. Mais seulement 2,1 millions déclarent s'être connectés dans le dernier mois, ce qui ne représente que 7% de la population.
Le nombre d'abonnés à un fournisseur d'accès payant a été multiplié par dix de septembre 1996 à avril 1999: d'après les données de l'AFA, il a bondi de 150 000 à 1,5 millions. Il n'en demeure pas moins que la France continue à faire pâle figure par rapport aux autres pays. Selon les sources, le nombre d'internautes français varie de 2 à 5 millions. Les tableaux synthétiques du "Journal du Net" montrent qu'avec 3 millions de "branchés", la France est distancée par le Royaume-Uni et l'Allemagne (8 millions chacun), mais aussi par l'Italie (5 millions) et… la Suède (3,5 millions). Elle est même talonnée par l'Espagne (2 millions). Le retard français n'existe pas uniquement par rapport à une Europe du Nord où le développement de l'internet est le plus avancé.
Pis encore, ce retard ne semble guère se combler. Par rapport à la fin 1997, le nombre d'utilisateurs du "net" s'est accru de quatre millions environ en Allemagne et en Italie, de deux millions en France et au Royaume-Uni, d'un million en Espagne. L'hexagone ne met pas vraiment les bouchés doubles pour se hisser au niveau de ses voisins européens. La progression française est "équivalente à la moyenne européenne", conclut une récente étude de l'AFTEL.
Le contraste reste criant entre les 30% de Français équipés d'un micro-ordinateur est le 6% de foyers abonnés à internet, selon "l'observatoire du multimédia" de la Sofres datant de mai 1999.Nous sommes évidemment bien loin des quelques 80 millions d'internautes américains. Au Québec, le taux de connexion est d'environ 26% selon les données rapportées par le site Multimedium alors que la France se situerait à 4%. L'exception française est encore plus accentuée si l'on ne prend en considération que les connections à partir du domicile. Une enquête de l'International Research Institute indique que 37% des Danois, 36% des Suédois, 31% des Australiens, 21% des Finlandais, 19% des Néerlandais, 18% des Suisses, 15% des Britanniques, 11% des Allemands et… 7% des Français accèdent à la Toile de chez eux.