La transition énergétique va-t-elle alimenter les inégalités ?

Alors que la lutte contre le réchauffement climatique reste la grande affaire de ce siècle, la deuxième vague du baromètre de la transition juste mis en place par BNPP et réalisée par Ipsos dans 11 pays (Europe et Turquie cette année) apporte de précieux enseignements sur l’état d’esprit de la population et ses évolutions.

L’inquiétude vis-à-vis du changement climatique et de ses conséquences reste élevée...

70% des européens (-2 points par rapport à l’an dernier) se déclarent anxieux en pensant à ce problème et à ses conséquences. Dans tous les pays, l’inquiétude est majoritaire. Elle culmine en Turquie à 93% et trouve son point le plus bas en Allemagne à 55%, la France se situant plutôt dans le haut des pays inquiets (71%). On aurait pu penser que d’autres enjeux majeurs, le pouvoir d’achat et la situation internationale, allaient écraser la question environnementale, ce n’est donc pas le cas, même si ces 2 sujets sont en tête des préocuppations, l’invasion de l’Ukraine et le conflit à Gaza ayant fait de la situation internationale le deuxième motif d’inquiétude des européens, supplantant les effets du réchauffement climatique.

... mais une certaine lassitude apparaît chez les citoyens

Dans tous les pays, et particulièrement en France, les résultats sont en baisse, notamment sur les questions relatives à l’implication personnelle des individus. La baisse se situe entre 2 et 5 points, il s’agit donc d’une érosion et non d’un effondrement mais elle est réelle. On est notamment moins enclin que l’an dernier à limiter ses déplacements en voiture ou en avion (-5 points), changer son mode de chauffage (-4) ou diminuer sa consommation de viande (-3), trois postes pourtant essentiels. On est également plus réticent à toute mesure coercitive comme l’interdiction des voitures au diesel (-3 points), l’augmentation des taxes sur l’essence et le diesel (-4) ou l’interdiction de vols pour des destinations à moins de 3 heures de train (-3).

Derrière cette lassitude, la peur d'une hausse des inégalités

Derrière cette lassitude, il n’y a pas que la question du pouvoir d’achat ou le refus de voir sa liberté individuelle entravée : de plus en plus et massivement, les efforts à faire pour lutter contre le réchauffement climatique sont perçus comme une machine à alimenter les inégalités : 72% estiment qu’ils vont générer des inégalités entre les catégories aisées et les plus modestes, un résultat en hausse de 4 points. 71% entre ceux qui sont obligés de prendre leur voiture et ceux qui peuvent faire autrement (+ 2). 67% (+ 5) entre les pays.

Le problème est donc sociétal et mondial. Il est celui de la transition juste.

Télécharger le dossier complet

A propos de BNP Paribas

BNP Paribas est la première banque de l’Union européenne et un acteur bancaire international de premier plan. Elle est présente dans 63 pays et rassemble près de 183 000 collaborateurs, dont plus de 145 000 en Europe. Le Groupe détient des positions clés dans ses trois grands pôles opérationnels : Commercial, Personal Banking & Services pour l’ensemble des banques commerciales du Groupe et plusieurs métiers spécialisés parmi lesquels BNP Paribas Personal Finance ou encore Arval; Investment & Protection Services pour les solutions d’épargne, d’investissement et de protection ; et Corporate & Institutional Banking, centré sur les clientèles Entreprises et Institutionnels. Fort d’un solide modèle diversifié et intégré, le Groupe accompagne l’ensemble de ses clients (particuliers, associations, entrepreneurs, PME, grandes entreprises et institutionnels) pour les aider à réaliser leurs projets en leur proposant des services de financement, d’investissement, d’épargne ou de protection. En Europe, BNP Paribas est composé de quatre marchés domestiques : la Belgique, la France, l'Italie et le Luxembourg. Le Groupe déploie également son modèle intégré de banque commerciale dans les pays du bassin méditerranéen, en Turquie et en Europe de l’Est. Acteur bancaire international de premier plan, le Groupe dispose de plateformes et de métiers leaders en Europe, d’une forte présence dans la zone Amériques, ainsi que d’un dispositif solide et en forte croissance en Asie-Pacifique. BNP Paribas met en œuvre dans l’ensemble de ses activités une démarche de Responsabilité Sociale et Environnementale lui permettant de contribuer à la construction d’un futur durable, tout en assurant la performance et la stabilité du Groupe.

Auteur(s)

  • Brice Teinturier
    Brice Teinturier
    Directeur Général Délégué, Ipsos bva (@BriceTeinturier)

Articles liés

  • Sondage Municipales 2026 à Paris | Intentions de vote

    Municipales 2026 à Paris : Emmanuel Grégoire en tête des intentions de vote devant Rachida Dati

    À moins de deux semaines des élections municipales 2026 à Paris, un sondage Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour ICI Paris Île-de-France place Emmanuel Grégoire en tête des intentions de vote au premier tour (35%), devant Rachida Dati (27%). Sécurité, propreté et logement s’imposent comme les priorités des Parisiens, dans un scrutin marqué par de forts clivages politiques sur l’armement de la police municipale, la limitation de la vitesse sur le périphérique ou encore les pistes cyclables.
  • Ipsos | Frappes américaines en Iran | Téhéran | Donald Trump
    Géopolitique Enquête

    Quel regard portent les Américains sur les frappes en Iran ?

    Une nouvelle enquête Reuters/Ipsos USA, réalisée entre le 28 février et le 1er mars 2026, avant les déclarations du Pentagone sur la mort de trois soldats américains, révèle que 43 % des Américains désapprouvent les frappes militaires des États-Unis contre l'Iran, tandis que seuls 27 % les approuvent. Environ trois répondants sur dix se déclarent encore incertains.
  • Hopital

    Quels sont les nouveaux défis des hôpitaux européens ?

    Relyens et Ipsos bva publient aujourd’hui les résultats d’une grande enquête réalisée auprès de 924 cadres dirigeants d’établissements hospitaliers et soignants en France, Allemagne, Italie et Espagne. Ce rapport apporte un éclairage unique sur les vulnérabilités des systèmes de santé européens, à travers la cartographie de 25 risques majeurs. Il s’agit d’un projet initié par Relyens, et encadré par un Comité Scientifique composé de cinq experts de renommée internationale en médecine, économie de la santé, actuariat ou encore gouvernance hospitalière.