Les cantonales consolent la gauche des régionales
Le second tour des élections cantonales a permis à la gauche de conquérir douze départements. Les accords régionaux UDF-RPR-FN ont visiblement nui à la droite.
Les élections cantonales ont finalement consolé la gauche du scrutin régional. En lui offrant douze départements supplémentaires, les électeurs l’ont, en quelque sorte, vengé des cinq régions perdues pour cause d’alliance entre la droite et le FN.
Au lendemain du second tour des cantonales, dimanche 23 mars, treize départements devaient passer d’une présidence de droite à une présidence de gauche. Dix conseils généraux (Aisne, Allier, Ardèche, Essonne, Finistère, Gers, Meurthe-et-Moselle, Nord, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Orientales) abritent désormais une majorité de gauche en sièges. Dans trois autres départements (Alpes-de-Haute-Provence, Haute-Saône, Vaucluse), droite et gauche sont à égalité mais cette dernière devrait décrocher la présidence au bénéfice de l’âge. On ne note qu’un seul mouvement de sens inverse : la Réunion qui passe de gauche à droite. Les socialistes sont les grands bénéficiaires de ce mouvement, mais le PCF peut se féliciter de diriger une troisième département (l’Allier).
Gérard Le Gall, spécialiste des élections auprès de Lionel Jospin, a souligné que ce scrutin permettait à la gauche de disposer de " la meilleure implantation " dans les conseils généraux de toute la Vème République. La majorité gouvernera 32 départements contre 20 avant ce renouvellement.
Au total, la gauche a enlevé 434 cantons à la droite (dont 340 au profit du PS et 34 pour le PCF). L’UDF (191 cantons perdus) est plus frappée que le RPR (moins 173) par ce mauvais vent cantonal. Bien que marqué par un taux d’abstention élevé (45% des inscrits), le second tour a été plus favorable à la gauche que ne le laissait présager le premier. Les candidats de gauche ont totalisé, selon le ministère de l’Intérieur, 48,07% des suffrages exprimés contre 44,54% pour la droite et 7,31% au Front national.
Elections qui se jouent au scrutin majoritaire, les cantonales se sont soldées par un échec pour le FN. Malgré son bon résultat en voix du premier tour, il n’est parvenu à faire élire que trois conseillers généraux (sur 1996 cantons en jeu). L’extrême-droite a gagné, en situation de duel, à Marignane (Bouches-du-Rhône, Noyon (Oise) et Toulon 5 (Var). Au total, le FN dispose désormais de huit sièges dans les départements. C’est dire à quel point sa capacité de manoeuvre est limitée par la règle du jeu majoritaire.
Les ententes entre la droite et le FN dans cinq régions, vendredi 20 mars, ont, semble-t-il, handicapé l’opposition nationale. " Ceux qui ont accepté vendredi d’être élus avec les voix du Front national, dans d’autres régions, ont faire perdre ce soir les élections cantonales, dans la France entière, à la droite libérale ", a déclaré Jean-Claude Gaudin, maire (UDF) de Marseille. Les quelques cas de désistements réciproques entre la droite et le FN n’ont pas donné de résultats probants. On relève notamment l’échec de deux candidats de droite dans l’Oise, le département de Jean-François Mancel.
Le bilan, en positions de pouvoir, est moins glorieux pour la gauche dans les régions. Lundi 23 mars à 18H, elle n’avait gagné que quatre régions nouvelles (Aquitaine, Haute-Normandie, Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte-d’Azur). Si la droite résiste à la tentation d’alliance avec le FN, la gauche demeurait en position de l’emporter en Midi-Pyrénées (après la démission de Marc Censi). Ce pourrait être le cas également en Franche-Comté, qui votera le 3 avril après la démission du président élu vendredi avec le soutien non voulu du FN. Au total, la carte politique des régions sera cependant nettement moins rouge qu’elle ne le fut au soir du 15 mars.
La nouvelle carte des régions