Les habitants de Paris et Londres pensent que leur ville va rebondir après la Covid

La satisfaction des habitants de Paris comme de Londres vis-à-vis de leur quartier reste élevée, malgré les confinements qui les ont forcés à passer bien plus de temps chez eux au cours des derniers mois. Une étude récente auprès des habitants des deux capitales et de leur banlieue proche montre aussi qu’ils sont davantage satisfaits des services publics locaux à leur disposition.

Ce sondage, réalisé par Ipsos pour Université de Paris et le King’s College de Londres, va à l’encontre des nombreuses analyses portant sur le déclin à venir des grandes villes dans le monde post-Covid. Ainsi, la part des habitants qui envisagent de quitter leur commune dans les années à venir n’a guère évolué, et une majorité d’entre eux juge que Paris et Londres vont rebondir suite à la pandémie. 

L’étude montre aussi que des différences notables émergent entre l’opinion des Parisiens et des Londoniens sur certains enjeux importants :

•    Les Londoniens sont nettement plus enclins que les Parisiens à penser que les personnes issues de différents milieux sociaux ou de différentes origines cohabitent bien ensemble dans leur quartier. De même, le rapport à l’immigration est moins tendu à Londres qu’à Paris et dans sa couronne. 
•    Si les deux capitales sont jugées par leurs habitants comme agréables à vivre avant tout pour les personnes aisées et les jeunes, Paris est perçue comme un meilleur endroit que la capitale britannique pour les personnes âgées ou encore pour les ménages modestes. 
•    En revanche, Londres est perçue comme une ville plus propice à l’activité économique, que ce soit pour démarrer une carrière ou pour lancer une entreprise. 
•    La situation du logement, et notamment de leur prix, est jugée très mauvaise dans les deux villes, mais les Londoniens sont encore plus négatifs que les Parisiens sur ce point. 

Ces éléments sont basés sur deux enquêtes menées auprès de 1000 habitants de Londres et 1002 habitants du Grand Paris (502 Parisiens, 500 habitants de la petite couronne) qui ont été interrogés en ligne par Ipsos. Une première vague de l’enquête avait été effectuée en 2019, permettant de mettre en lumière les domaines impactés par l’épidémie de Covid. 

Aucun signe évident d’un « déclin des grandes villes » à la suite de la pandémie

63% des Parisiens sont satisfaits de leur quartier, un chiffre en hausse de 7 points par rapport à 2019, et la satisfaction augmente aussi dans la petite couronne (57%, +6). A Londres, 63% (-1) des habitants se disent aussi satisfaits du cadre de vie dans leur quartier.

Par ailleurs, 48% des Parisiens se montrent satisfaits des services publics autour de chez eux, contre 24% qui en sont mécontents. La satisfaction a nettement progressé par rapport à 2019, puisqu’elle n’était que de 29% à l’époque. Néanmoins, ce niveau est légèrement inférieur à ceux enregistrés dans les communes de la petite couronne (51%) et à Londres (56%). 

Par rapport à 2019, la part des habitants de Paris et Londres qui estime qu’il est certain ou probable qu’ils quittent leur ville dans les années à venir n’a augmenté que très légèrement : +4 points à Paris (44%) et +8 points à Londres (44%). Dans la petite couronne parisienne, la tendance est même au recul (45%, -2). Les confinements et les nouvelles habitudes liées à la vie urbaine n’ont donc pas massivement affecté l’attractivité des deux capitales. 
Par ailleurs, une nette majorité pense que leur ville va rebondir après l’épidémie de Covid : c’est le cas de 62% des Parisiens et de 66% des Londoniens. Dans les deux cas, le pessimisme est marginal puisqu’environ un habitant sur dix estime que ce rebond ne viendra pas. 

Une cohésion sociale plus forte à Londres qu’à Paris

74% des habitants de Londres estiment que les personnes de différentes catégories sociales ou de différentes origines coexistent bien dans leur quartier. Ce chiffre est nettement moins élevé à Paris (55%) et dans sa couronne (58%). 

Les Londoniens ont aussi une perception plus positive de l’impact de l’immigration sur leur ville que les Parisiens : 61% estiment ainsi que l’immigration venant d’autres pays a eu un impact positif, contre 35% pour les Parisiens et 23% pour les habitants de la petite couronne. 

La tendance est similaire à propos de l’immigration interne, c’est-à-dire venant d’autres parties du pays : 58% des Londoniens estiment que son impact a été positif pour leur ville, alors que seuls 40% des Parisiens partagent cette opinion. 

Les comportements inappropriés ou le harcèlement envers les femmes sont bien plus répandus à Londres qu’à Paris

Les habitants des deux capitales se sentent largement en sécurité dans leur quartier durant la journée, mais 32% des Londoniens et 38% des Parisiens ne s’y sentent pas en sécurité durant la nuit. Les femmes sont sensiblement plus inquiètes que les hommes. 

En moyenne, les femmes vivant à Londres ont été la cible de regards inappropriés 15,1 fois depuis qu’elles y habitant, contre 10,5 fois pour les Parisiennes. L’écart est encore plus fort en ce qui concerne les plaisanteries ou commentaires à caractère sexuel : les Londoniennes ont été ciblées en moyenne 13,3 fois, contre 5 fois pour les Parisiennes. 

Enfin, si les femmes parisiennes déclarent avoir été victimes d’attouchements à 1,4 reprises depuis qu’elles se sont installées dans la capitale, ce chiffre atteint 3,5 à Londres. 

Londres et dans une moindre mesure Paris sont perçues comme agréables pour les gens aisées et les jeunes, mais beaucoup moins pour les familles, les personnes âgées et les catégories populaires

84% des Londoniens et 80% des Parisiens déclarent que leur ville est bon endroit pour les personnes aisées, quand seuls 54% des habitants de la petite couronne partagent cette opinion. En revanche, ces derniers sont bien plus disposés à considérer leur territoire comme étant adapté aux ménages modestes (41%) que les habitants de Paris (19%) ou Londres (14%).

De plus, si une minorité des habitants des deux capitales pensent qu’elles sont adaptées aux familles (33% à Paris, 43% à Londres), ce chiffre monte à 62% parmi les personnes vivant dans la petite couronne parisienne. Ce chiffre est cependant en hausse dans les capitales par rapport à 2019, sans doute en lien avec le sentiment d’une amélioration des services disponibles à proximité.

Si la question du prix du logement est un enjeu particulièrement sensible dans les deux capitales, elles sont aussi perçues comme des métropoles économiquement dynamiques 

Parmi les non-propriétaires, les Parisiens (85%) et plus encore les Londoniens (89%) sont particulièrement nombreux à considérer qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter un bien immobilier dans leurs villes, alors qu’ils ne sont « que » 72% à partager ce sentiment parmi les habitants de la petite couronne. Et de manière plus générale, les deux tiers des habitants de Londres et de Paris estiment que les logements dans leurs villes sont ne sont abordables pour les gens comme eux, contre 45% des habitants de la petite couronne.

Cependant, à Paris (64%) et plus encore à Londres (73%), une nette majorité des habitants considère que leur ville est un bon endroit pour débuter une carrière, et respectivement 58% et 68% pensent que c’est un bon endroit pour créer son entreprise. 

Université de Paris

 

A propos d'Université de Paris
Université de recherche intensive pluridisciplinaire, labellisée « Initiative d’Excellence », Université de Paris se hisse au meilleur niveau international grâce à sa recherche, à la diversité de ses parcours de formation, à son soutien à l’innovation, et à sa participation active à la construction de l’espace européen de la recherche et de la formation. Université de Paris est composée de trois Facultés (Santé, Sciences et Sociétés et Humanités), d’un établissement-composante, l’Institut de physique du globe de Paris et un organisme de recherche partenaire, l’Institut Pasteur. Université de Paris compte 63 000 étudiants, 7 500 enseignants-chercheurs et chercheurs, 21 écoles doctorales et 126 unités de recherche.

 


Méthodologie : échantillons représentatifs de 1002 habitants du Grand Paris et de 1000 habitants de Londres âgés de 18 ans et plus, interrogés en ligne entre le 26 avril et le 17 mai 2021, selon la méthode des quotas. 
 

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