Les jeunes, attention à vos oreilles !

Une enquête réalisée pour l’association la Semaine du Son par Ipsos Santé. Avec le soutien de la Direction Générale de la Santé. Les troubles auditifs sont trop souvent associés aux seules populations les plus âgées. Selon l’INPES (enquête 2013), près de 10% des jeunes de moins de 25 ans présentent pourtant déjà une perte auditive pathologique. L’exposition aux risques auditifs augmente potentiellement avec les nouveaux usages des nouvelles technologies. Les jeunes adultes seraient-ils aujourd’hui plus confrontés aux risques? Sont-ils plus avertis sur les moyens de prévention ?  Cette enquête exclusive réalisée pour La Semaine du Son auprès des 15-45 ans fait le point sur les comportements et attitudes liés à l’environnement sonore et à la prévention des risques auditifs.

Auteur(s)

  • Luc Barthélémy Directeur de Clientèle, Ipsos Public Affairs
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LES JEUNES ET LE RISQUE AUDITIF : LE PARADOXE

98% de la population des 15-45 ans savent que l’exposition excessive aux sons forts entraîne des problèmes auditifs. 78% d’entre eux ont déjà ressenti des troubles auditifs comme des acouphènes ou une perte d’audition suite à une forte exposition sonore.

Pourtant ils n’adoptent pas systématiquement les bons comportements de prévention : seuls 33% d’entre eux déclarent s’éloigner systématiquement des enceintes lors d’un concert, 12% font des pauses régulières, 4% utilisent des bouchons d’oreilles à usage unique et 3% leurs propres bouchons.

Quant à ceux qui ont déjà ressenti un trouble auditif, 59% déclarent n’avoir rien fait pour s’informer à ce propos ou être pris en charge.

LES JEUNES ET LEUR AUDITION ? UNE EXPOSITION ELEVEE AUX RIQUES AUDITIFS ?

85% des jeunes déclarent aimer écouter fort la musique, les plus jeunes sont significativement plus nombreux à déclarer cette pratique (89% des 15-30 ans). 

Le contexte semble aussi influer sur l’appréciation du niveau sonore. 57% des 15-45 ans ont l’impression que le niveau sonore est plus élevé que par le passé au cinéma, et 65% ont cette impression concernant les publicités à la télévision.

Lorsque ces jeunes adultes écoutent la musique avec un fort niveau sonore, c’est principalement pour l’ambiance (38%) et la qualité du son (30%). Chez les plus jeunes, observés à travers les réseaux sociaux, ce comportement est aussi lié à la transgression : certains postent des messages où ils expliquent fièrement qu’ils mettent la musique à fond au risque de déranger leur entourage (#musiqueafond) : écouter fort, c’est faire entendre que l’on existe.

UNE GENERATION CASQUES-ECOUTEURS

Les 3/4 des 15-45 ans utilisent un casque audio et/ou des écouteurs, pratique qui s’élève à 89% chez les 15-30 ans. L’utilisation du casque se fait à partir de l’âge de 14 ans en moyenne, le temps d’écoute via ces dispositifs est d’1h20 en moyenne dont 48 minutes en continu.

L’utilisation du casque audio et/ou des écouteurs se fait d’abord à domicile pour 83% des 15-45 ans (90% des 15-30 ans), en particulier avant d’aller se coucher (61% des 15-30 ans déclarent cet usage).

L’écoute avec des écouteurs/casques a pour principale motivation le souci de ne pas déranger les autres (71% des 15-45 ans).

L’adoption des bons réflexes pour soi est loin d’être la norme : 29% des 15-45 ans ne limitent jamais la durée de leur écoute, 24% ne font jamais de pause dans leur utilisation et 10% ne baissent jamais le volume.

INSTRUMENTS ET CONCERTS

21% des 15-45 ans pratiquent un instrument dont 3% tous les jours ou presque. La pratique musicale est significativement plus répandue chez les 15-30 ans (28%). Les enfants et adolescents (selon leurs parents) pratiquent plus que la population dans son ensemble, mais moins assidûment (1% tous les jours ou presque).

61% des 15-45 ans déclarent aller à des concerts. On peut remarquer des différences notoires selon la catégorie socioprofessionnelle des individus : les ouvriers ne sont que 44% à déclarer aller à des concerts contre 71% pour les professions intermédiaires et 76% pour les cadres et professions  libérales.

Auteur(s)

  • Luc Barthélémy Directeur de Clientèle, Ipsos Public Affairs

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