Les salariés veulent la démocratisation des stocks-options.
L'enquête Ipsos-AFIC (Association Française des Investisseurs en Capital) indique que deux tiers des salariés français se disent intéressés par les stock-options. Cet instrument est jugé positif aussi bien pour l'entreprise que pour les salariés eux-mêmes, qui souhaitent l'accès à ce mode de rémunération au plus grand nombre.
Les actions des entreprises françaises ont la cote auprès de leurs salariés. Plus de la moitié des personnes interrogées souhaiterait détenir des actions de leur société. Ce niveau d’intérêt est plus élevé auprès des cadres (72%), des salariés d’entreprises cotées en bourse (70%), des hommes (64%) et des foyers les plus aisés (69%). A l’opposé, l’intérêt devient minoritaire chez les femmes (37%) ou les plus jeunes (45%).
L’attirance des salariés français est encore plus marquée à l’égard des stock-options (*) : les deux tiers d’entre eux se disent intéressés par ce système si leur entreprise leur en offrait la possibilité. Fait marquant, ce point de vue est majoritaire dans l’ensemble des catégories étudiées, y compris les foyers les plus modestes.
Les stock-options sont jugées efficaces pour améliorer les performances de l'entreprise. Ils permettent pour les trois-quarts des personnes interrogées de "renforcer la motivation et l'implication des salariés qui en bénéficient" et de "fidéliser les salariés" ou de "renforcer le sentiment d'appartenance à son entreprise" pour 72% des sondés. A contrario, les systèmes d'intéressement aux bénéfices et de primes actuellement en place sont jugés insuffisamment motivants par 56% des interviewés, notamment les femmes (67%) et les employés (70%).
Si, selon une récente étude du ministère de l'emploi, la moitié des entreprises françaises cotées en bourse utilisent déjà les plans d'options sur actions, ce système ne bénéficie qu'à 30000 personnes, essentiellement des cadres et dirigeants (86%). Une autre estimation effectuée sur les entreprises cotées au CAC 40 fait état de 28 milliards de plus-values potentielles détenues par 12000 bénéficiaires. On ne s'étonnera alors pas de constater que 90% des personnes interrogées par Ipsos souhaiteraient voir les stock-options proposées à un plus grand nombre de salariés.
Enfin, alors que la loi Allègre sur l'innovation et la recherche prévoyant la réforme des stock-options et leur fiscalité doit être prochainement examinée à l'Assemblée nationale, 71% des interviewés estiment qu' "il est nécessaire que le niveau d'imposition soit avantageux pour rendre les stock-options attractives auprès du plus grand nombre de salariés", contre 20% qui pensent que cet instrument est déjà suffisamment rémunérateur. Rappelons qu'actuellement le fisc taxe la réalisation de l'option d'achat à 40%, et la plus-value sur la revente à 26%. Si le terme de l'option (en général 5 ans) n'est pas atteint, l'entreprise doit payer des charges et les prélèvements fiscaux sur l'achat et la revente sont intégrés au revenu imposable du salarié, et donc taxés au plus à 54%, tranche marginale supérieure d'imposition, auxquels s'ajoutent CSG et RDS.
(*) Les stock-options sont un système qui permet à un salarié de bénéficier d’une option d’achat sur des actions de son entreprise à un prix avantageux (fonction du cours en bourse, mais une décote de 5 à 20% est autorisée), sans avoir à les payer immédiatement. Après une certaine période (généralement cinq ans), le salarié peut, s’il est toujours dans l’entreprise, soit réaliser son option d’achat et encaisser les plus values s'il décide de vendre ses actions, soit renoncer à son option d’achat si le cours des actions a diminué durant la période.