Médicaments : l'efficacité ressentie et le crédit accordé aux acteurs de santé confortent la confiance des Français
Pour la 3ème année consécutive dans le cadre de l’Observatoire sociétal du médicament, le Leem a demandé à Ipsos d’interroger les Français dans leur rapport au médicament. Cette étude d’envergure (plus d’une soixantaine de questions) analyse cette relation à travers différents thèmes : la perception des médicaments, la confiance et les raisons de la confiance, les sources d’information, la relation avec le médecin et le pharmacien, l’utilisation de la notice et de la boîte, l’automédication, le rapport aux vaccins, le regard sur l’évolution passée et à venir du médicament, l’image des entreprises du médicament… Autant de thèmes traités qui permettent, à travers l’analyse et le recoupement des résultats sur les différentes questions, de faire un état des lieux et de mettre en avant (le cas échéant) les évolutions structurantes de la société française dans son rapport au médicament. Afin d’enrichir encore cette analyse, le Leem a souhaité cette année interroger également les médecins généralistes sur certaines des questions structurantes de l’Observatoire (une trentaine), afin de confronter leur opinion à celle des Français et de voir si les tendances observées sont les mêmes dans les deux populations, ou si l’on observe au contraire un dissensus.
Introduction : le contexte d’actualité dans lequel s’est déroulée l’enquête de janvier 2013
Le médicament : une actualité forte suivie de près par les Français
De nombreux faits d’actualité ont marqué le secteur du médicament ces dernières années. Ils ont été très largement suivis par les Français, soulignant ainsi leur fort intérêt pour ce sujet :
- Comme nous avions pu le mesurer dans notre édition 2012 de l’Observatoire, l’affaire du Mediator avait beaucoup focalisé l’attention de l’opinion en 2011 : 98% des Français en avaient entendu parler ;
- Au cours de l’année 2012, la moitié des Français (52%) ont entendu parler du livre de MM. Debré et Even (« Le Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles et dangereux », paru en septembre), notoriété très forte dans le cas d’un livre ;
- Tous les Français ou presque (95%) ont entendu parler de la polémique sur les pilules de nouvelle génération, qui a démarré en décembre 2012 et s’est poursuivie en janvier 2013 pendant le terrain de l’enquête ;
- D’autres évènements, dont nous n’avons pas mesuré la notoriété, ont également émaillé l’année passée : le rapport critique de l’Académie de Médecine sur les médicaments génériques, ou encore la généralisation du dispositif Tiers Payant Contre Génériques[1] ;
La critique du « trop », mise en avant dans les media, est partagée par les Français et les médecins
En parallèle de cette actualité chargée et suivie de près par les Français, on observe une certaine constance, à travers les éditions de l’Observatoire, dans la critique par l’opinion française des excès de consommation en France en matière de médicaments[2].
Bien sûr, cette critique de la « forte » consommation de médicaments se fait toujours sur le mode « ce n’est pas moi, c’est les autres » : 87% des répondants (-2 points par rapport à l’an dernier) estiment en effet « qu’en France, on consomme trop de médicaments », mais seuls 15% (+1 point) déclarent « qu’ils consomment eux-mêmes trop de médicaments ».
Surtout, on observe cette année, grâce au volet réalisé auprès des médecins, que ceux-ci partagent entièrement ce sentiment : 86% des médecins interrogés déclarent « qu’en France, on consomme trop de médicaments ». Mais les médecins pointent également du doigt leurs propres confrères : si 60% des Français pensent que « les médecins prescrivent trop de médicaments », les médecins interrogés sont encore plus nombreux (71%) à le penser[3].
En dépit de ce contexte, la confiance des Français dans le médicament reste élevée et même en progression (87% ; +3 points)
Dans un contexte anxiogène et critique qui devrait donc a priori aboutir à une fragmentation de la confiance à l’égard du médicament, on note à l’inverse que la confiance des Français dans le médicament reste élevée, et même augmente depuis 3 ans :
- 82% d’entre eux avaient confiance en 2011 ;
- 84% en 2012 (+2 points, alors que l’affaire du Médiator avait éclaté entretemps) ;
- et 87% cette année dans le contexte que l’on vient d’évoquer (+3 points par rapport à l’an dernier, +5 points par rapport à il y a deux ans) ; dans le détail, 7% font « tout à fait confiance » (-1 point) aux médicaments et 80% « plutôt confiance » (+4 points).
On notera que la confiance est encore plus forte chez les médecins : 94% ont confiance, un sur cinq (21%) ayant même « tout à fait » confiance.
Face à cette apparente contradiction, l’enjeu de l’édition 2013 de l’Observatoire sociétal du médicament est ainsi de comprendre les ressorts de la confiance des Français dans le médicament, et d’expliquer, grâce à la richesse de cette étude et de ses indicateurs, les raisons mêmes de cette confiance élevée et en hausse.
La confiance dans le médicament repose en fait sur la juxtaposition de quatre leviers principaux, que nous analysons dans le détail ci-après :
- Le patient, acteur de sa relation au médicament
- Une implication du patient qui redessine sa relation avec le médecin
- La chaîne du médicament : la multiplicité des acteurs rassure sur leur capacité à s’inter-réguler
- Une vision positive mais sans concession des entreprises du médicament
1. Le patient, acteur de sa relation au médicament
L’un des principaux facteurs d’explication de cette confiance dans le médicament, malgré les polémiques et l’actualité marquante, réside dans le fait que les Français fondent leur jugement avant tout sur leur expérience personnelle de patient.
Même s’ils ne nient pas les problèmes rencontrés par certains médicaments (et même au contraire les reconnaissent tout à fait), ils s’en remettent avant tout à leur vécu, à leur « longue » relation avec les médicaments, au fait que ceux-ci les ont accompagnés en cas de maladies, en les aidant la plupart du temps à guérir ou encore en soulageant la douleur. Spontanément, ils expliquent ainsi leur confiance dans le médicament par le fait qu’ils sont efficaces, comme nous le montrent les verbatims issus de la question ouverte (c’est-à-dire sans réponses imposées, le but étant de récolter les citations spontanées) : « ils donnent de bons résultats », « ils me soignent », « ils m’ont guéri », « ils soulagent », etc.
Dans une autre question de l’enquête (où on leur pose directement la question), 92% des répondants estiment d’ailleurs que « les médicaments qu’ils prennent sont efficaces ». Et la confiance qu’ils portent dans les médicaments qu’ils prennent eux-mêmes est plus forte que la confiance globale (92% contre 87%), enseignement également vérifié chez les médecins qui sont 99% à faire confiance dans les médicaments qu’ils prescrivent (contre 94% en général).
Soulignons, par ailleurs, que cette expérience personnelle a d’autant plus d’importance et de crédit à leurs yeux qu’elle est de longue durée et « riche », 52% des répondants déclarant prendre un médicament au moins une fois par semaine. Sur la durée, les Français soulignent ainsi les améliorations des médicaments dont ils ont pu bénéficier : 77% estiment que ceux-ci se sont améliorés d’une manière générale depuis 20 ans. Et dans le détail, par rapport à il y a 20 ans :
- Pour 69% des Français, ils sont plus pratiques à prendre ;
- Pour 59% des Français, ils sont mieux contrôlés (chiffre en augmentation de 8 points par rapport à l’an dernier) ;
- Pour 58% des Français, ils ont des effets secondaires mieux contrôlés ;
- Pour 52% des Français, ils sont plus efficaces ;
- Pour seulement 17% des Français, ils sont plus risqués (pour 38% ils sont moins risqués et pour 45% ni plus ni moins).
Au-delà de la vision positive des évolutions passées, les Français ont également une vision optimiste de l’avenir, dans le sens où la même proportion (77%) pense que dans 20 ans les médicaments se seront améliorés par rapport à aujourd’hui. Les évolutions pressenties dans le détail sont globalement les mêmes que celles ressenties par le passé (64% pensent que les médicaments seront plus pratiques à prendre, 60% qu’ils seront mieux contrôlés, etc).
A cette expérience s’ajoute également leur connaissance du sujet, qui se révèle être un autre facteur prégnant de leur confiance face aux différentes affaires ayant marqué l’actualité. La confiance qu’ils font au médicament ne se fait pas sur la base de leur expérience personnelle, dans le cadre d’une foi naïve et mal informée, mais en toute conscience que « les médicaments sont des produits actifs qui présentent certains risques » : 90% des Français sont d’accord avec cette affirmation (résultat stable par rapport à l’an dernier, en baisse de 4 points par rapport à 2011), dont 46% - près de la moitié – de personnes « tout à fait » d’accord. Les problèmes rencontrés par certains médicaments et fortement médiatisés ne bousculent donc pas les Français dans une sorte de confiance aveugle qu’ils auraient à leur encontre, mais viennent plutôt confirmer cette conscience qu’ils ont déjà du risque et du fait que les médicaments ne se prennent pas à la légère.
Enfin, les Français montrent une réelle maturité et une implication forte dans leur relation au médicament, dans le sens où ils croisent les informations reçues et vérifient leurs sources, agissant tels des enquêteurs pour leur santé, ce qui leur donne notamment le sentiment d’être acteur de ce système et d’avoir une part de contrôle : si les deux tiers estiment que leur médecin (64%) ou leur pharmacien (68%) leur donnent suffisamment d’information sur les médicaments prescrits/remis, les deux-tiers également (64%) déclarent qu’ils vont chercher des informations supplémentaires, soit sur la notice (48%), soit sur internet (46%).
Lorsqu’ils recherchent des informations supplémentaires, c’est surtout sur les effets secondaires/indésirables (54%), bien plus que sur l’efficacité (17%), la posologie (14%) ou les propriétés chimiques (11%).
Sur Internet, leurs principales sources d’informations sont les sites de santé grand public tels doctissimo.fr, topsante.fr (dans 35% des cas), devant les forums (14%) ou les blogs (13%) et les sites institutionnels (11%).
2. Une implication du patient qui redessine sa relation avec le médecin
Tout d’abord, et c’est un des éléments les plus frappants dans la comparaison des deux volets de notre étude, l’opinion et la perception des médecins et des patients convergent sur de nombreux points, comme on a déjà pu le souligner concernant la « forte » consommation de médicaments.
On prendra comme autre exemple la conscience du risque associé à la prise de médicaments : 90% des Français et 100% des médecins souscrivent à cette opinion. Ou encore sur les génériques, qui reçoivent un accueil mitigé de la part des deux populations : seuls 58% des Français (-7 points par rapport à 2012) estiment qu’il n’y a pas de différence entre un médicament et son générique, et la moitié des généralistes interrogés (50%) sont du même avis.
Notre enquête souligne également la forte évolution que connaît la relation entre le médecin et le patient. Cette mutation du rapport soignant-soigné n’est pas nouvelle et de nombreuses analyses ont souligné depuis des années la fin du modèle paternaliste longtemps associé au médecin[4].
L’époque du malade passif face au médecin omniscient semble en effet loin, et cette relation verticale a basculé en une relation plus horizontale, en un dialogue où la moitié des Français (51%) ont déjà parlé avec leur médecin de ce qu’ils ont lu sur Internet sur leurs symptômes, leur maladie (100% des médecins ont déjà connu ce type de situation, dont 46% « souvent »).
Le dialogue se transforme souvent en une demande clairement assumée, près des deux-tiers des Français (62%) ayant déjà demandé à leur médecin de leur prescrire un médicament (situation vécue par 96% des médecins, dont 20% « souvent »).
Et, parfois, le patient va jusqu’à la remise en cause de son médecin, en lui manifestant son désaccord sur sa prescription (situation déclarée par 25% des patients et vécue par 93% des médecins, dont 22% « souvent »).
Cette évolution souligne ainsi l’implication croissante du patient toujours plus informé (grâce à Internet), qui se vit en tant qu’acteur de sa santé, et qui, de par sa capacité à pouvoir discuter, débattre et remettre en cause a d’autant plus confiance dans un système qu’il y participe activement.
3. La chaîne du médicament : la multiplicité des acteurs rassure sur leur capacité à s’inter-réguler
L’un des autres leviers de confiance du médicament repéré dans notre étude est le crédit accordé au « système » qui soutient la chaîne du médicament. Cette confiance s’inscrit tout d’abord dans une confiance plus globale des Français dans leur système de soins, comme le soulignent depuis de nombreuses années les études sur le sujet : ainsi en 2011, 89% des Français estimaient que le système français offrait des soins de qualité[5].
Dans notre étude, les Français expliquent spontanément leur confiance dans les médicaments par le fait que ceux-ci s’inscrivent dans un système de production et de prescription régi par « des professionnels compétents » (29% de citations spontanées) comme les médecins, les entreprises ou les pharmaciens, où existent par ailleurs « des essais cliniques, des contrôles et des procédures de vérification » (26%) menés par des laboratoires et des autorités publiques et où la multiplicité des acteurs semble les rassurer de par leur capacité à s’inter-réguler, voire à se contrôler.
Cette « chaîne » du médicament est donc le processus qui, de la conception jusqu’à la remise du médicament (en passant par les étapes de recherche, mise au point, test, contrôle, prescription et vente) met en contact un ensemble diversifié d’acteurs tels que les entreprises du médicament, les médecins, les pharmaciens, les autorités sanitaires et publiques, les lanceurs d’alertes, etc. mais aussi les patients (qui se considèrent, comme on vient de le voir, comme partie prenante de cette chaîne).
Cette importance de l’implication d’acteurs divers et complémentaires dans la relation de confiance au médicament se vérifie également par le fait que les Français (et encore plus les médecins) ont davantage confiance dans les médicaments qui bénéficient d’une caution :
- médicale, dans le cas des médicaments sur ordonnance (93% de confiance chez les Français, contre 66% seulement pour ceux sans ordonnance ; chez les médecins, respectivement 99% et 41% de confiance) ;
- publique, dans le cas des médicaments remboursés (92% de confiance contre 74% pour les médicaments non remboursés ; chez les médecins, respectivement 95% et 56% de confiance) ;
- ou bien de marque dans le cas des princeps (88% de confiance, contre 70% pour les médicaments génériques ; chez les médecins, respectivement 82% et 67% de confiance).
De même, en matière d’automédication, les Français soulignent leur besoin de réassurance de la part d’un professionnel : ils sont 69% à demander conseil à leur pharmacien (seulement 49% choisissent leurs médicaments « par habitude »).
Dans cette même logique, l’achat sur Internet attire pour l’instant peu de Français : seuls 11% pensent le faire au cours des prochains mois (4% déclarent l’avoir déjà fait). De même, l’utilisation d’outils ou d’applications sur son téléphone mobile/son ordinateur pour gérer sa santé ne suscitent pas l’enthousiasme, dans le sens où ils ne peuvent remplacer la relation avec les professionnels : seuls respectivement 31% des Français et 24% des médecins sont prêts à les utiliser.
L’appréhension de la sortie du « système », de la « chaîne » et de la rupture du lien avec les professionnels semble prendre toute sa signification dans la peur de la contrefaçon : les médicaments contrefaits sont en effet perçus par 91% des Français - et 74% des médecins - comme une menace importante pour les années à venir.
Même si l’étude ne le mesure pas directement, on peut donc émettre l’hypothèse que la découverte d’une affaire sur un médicament (dans la mesure où il ne s’agit pas d’un médicament dont la consommation généralisée concernerait toute la population) peut, de manière contre-intuitive, venir renforcer la confiance dans la chaîne, de par le fait que cette chaîne parvient elle-même à déclencher l’alerte.
Dans le cas particulier de la pilule, qui concerne ou a concerné justement une grande partie des femmes, on notera également que la polémique n’a pas ébranlé la confiance dans le médicament. Si notre étude ne mesure pas la confiance ou la défiance des Français à l’égard de la pilule (notre étude ne contient pas historiquement de questions spécifiques sur tel ou tel type de médicament)[6], elle semble en revanche montrer que dans les perceptions, la « pilule » n’est pas directement associée à la notion de « médicament ». Ainsi, dans les réponses spontanées à la question ouverte sur les raisons de la défiance vis-à-vis du médicament (posée à ceux/celles qui n’avaient pas confiance), le thème de la pilule n’est jamais cité. Les arguments les plus souvent cités par les défiants sont « les effets indésirables » ou le fait « qu’il existe de meilleurs moyens de se soigner ».
4. Une vision positive mais sans concession des entreprises du médicament
Les entreprises du médicament bénéficient, cette année encore, d’une bonne image de la part des Français (pour 63%, +3 points). Il s’agit du deuxième meilleur score d’image de notre classement où étaient testés neuf secteurs, derrière le bâtiment (70%), mais devant les télécommunications (61%), l’automobile (56%, -13 points en raison des difficultés économiques rencontrées par ce secteur phare de l’industrie), l’agro-alimentaire (53%), la grande distribution (50%, mais le sondage a eu lieu avant la polémique sur la viande de cheval), le nucléaire (36%), la banque-assurance (32%), et le pétrole (23%).
Les médecins sont encore plus positifs : ils placent les entreprises du médicament en tête de tous les secteurs (69% de « très bonne ou assez bonne image »), la banque-assurance figurant pour eux en queue de liste (à 27%).
Cette image se révèle sans concession dans le sens où les entreprises du médicament sont vues d’abord et avant tout comme des entreprises, c’est-à-dire des acteurs privés cherchant à faire du profit :
- 90% des Français et 96% des médecins estiment que « les entreprises du médicament ont pour objectif de faire des profits » ;
- 83% des Français et des médecins considèrent que « les entreprises du médicament ne font de la recherche que pour les médicaments financièrement rentables ».
- 78% des Français et 63% des médecins pensent qu’elles « sont plus soucieuses de leurs bénéfices que des malades ».
Mais cette recherche de profit n’est pas forcément préjudiciable dans le sens où elle s’accompagne d’une réelle efficacité perçue, les entreprises étant considérées comme ayant la capacité de délivrer de « bons produits » :
- Pour 75% des Français (et 92% des médecins), elles « fournissent des médicaments de qualité » ;
- Pour 72% des Français (70% des médecins), elles « sont innovantes » ;
- Pour 61% des Français (+9 points par rapport à l’an dernier), et 78% des médecins, elles « font attention à la sécurité des médicaments ».
On retrouve, d’ailleurs, cette même « dualité » dans ce qui compose - dans l’esprit des Français - le coût d’un médicament : selon eux, c’est avant tout (70% de citations) la recherche et les essais cliniques (l’efficacité), et ensuite (57%) la rentabilité et les bénéfices (le profit). Suivent le coût de distribution (47%), le coût de fabrication (37%), etc.
In fine, les entreprises du médicament ont aux yeux des Français une réelle contribution. Médicale, 75% des Français et 78% des médecins estimant qu’elles jouent un rôle important dans l’augmentation de l’espérance de vie. Mais aussi économique, car elles sont une source importante d’emplois selon 65% des Français et 79% des médecins. Et, preuve de leur confiance dans l’efficacité de ces entreprises, les Français fondent également de grands espoirs sur leurs actions, puisque 88% pensent que les entreprises du médicament vont réussir à mettre au point dans les années à venir un traitement contre les maladies cardiovasculaires, 85% un traitement contre le SIDA et 84% un traitement contre le cancer.
[1]A noter également que les parutions en février 2013 du livre de M. Even sur le cholestérol et de la liste des médicaments à écarter par la revue Prescrire ont eu lieu après le terrain de notre enquête.
[2]Même si l’enquête publiée par le groupe de réflexion LIR en juillet 2012 (sur dix ans et dans sept pays – France, Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni) montre que la France est finalement revenue dans la moyenne : "La fin de l'exception française en matière de consommation de médicaments : la France affiche le taux d'évolution le plus faible et une modération relative de sa consommation de médicaments", cité par Le Monde le 3 juillet 2012.
[3]La question n’a pas été posée aux médecins interrogés pour savoir s’ils estimaient prescrire eux-mêmes trop de médicaments.
[4]Voir notamment Maurice TUBIANA, « Histoire de la pensée médicale, les chemins d’Esculape » (1995), cité par l’Université Paris Descartes : « La familiarité, la condescendance ont disparu. », et plus loin : « Cette attitude paternaliste n’est plus admise. A juste titre, le malade tient non seulement à être informé mais à participer à la prise de décision. »
[5]Les Français et le système de santé, Sondage Ipsos réalisé en avril 2011 pour Comfluence et la Fédération de l’Hospitalisation Privée.
[6]Un premier sondage récemment publié souligne que 29% des femmes de 15 à 25 ans prenant la pilule déclarent que « le débat [actuel] est de nature à les inciter à arrêter » ; mais seules 3% en sont certaines. Par ailleurs, 68% des femmes de 15 à 25 ans sont d’accord avec le fait que « la prise de pilule n’est pas sans danger et peut provoquer de graves problèmes de santé » (Les jeunes femmes et la pilule, Sondage Ifop réalisé en février 2013 pour le magazine ELLE).