Perception des réfugiés en France : où en est-on ?

A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, Ipsos dévoile en exclusivité les résultats de son étude Global Advisor sur la perception mondiale des réfugiés. L’étude met en lumière à quel point leur accueil et de leur intégration restent des questions délicates et de plus en plus crispantes depuis 2017, date de la première édition du baromètre. En France, on observe un fort scepticisme et une progression du pessimisme sur les enjeux d’intégration : moins d’un Français sur 5 (18%) estime que les réfugiés nouvellement accueillis s’adapteront à la société française. La part de Français favorables à une fermeture des frontières progresse quant à elle : 42% partagent ce point de vue, contre 40% en 2017.

Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Center
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                                             Chiffres et enseignements clés de l’étude :

  • 1 Français sur 2 (50%) doute que les réfugiés arrivant en France soient de « vrais réfugiés »
  • 42% des Français évaluent positivement l’idée de fermeture des frontières aux réfugiés
  • Moins d’un Français sur deux (43%) juge légitime qu’un réfugié soit accueilli pour échapper à la guerre ou à des persécutions – 61% dans le monde
  • Moins d’un Français sur 5 (18%) estime que les réfugiés nouvellement accueillis s’adapteront à la société française
  • La recherche de sécurité économique et sociale est un motif jugé plus crédible d’arrivée en France que la recherche de refuge, selon les perceptions de la moitié des Français

L’intégration des réfugiés, une question de plus en plus crispante

L’édition 2019 de l’étude Global Advisor dédiée à la perception des réfugiés dans le monde montre de fortes divergences sur ce sujet de société. Si échapper à la guerre ou à des persécutions constitue une raison suffisamment légitime pour se réfugier pour 61% de la population mondiale, seuls 43% des Français partagent cet avis, à égalité avec les Hongrois. En bas du classement, les Français sont ainsi bien plus fermés sur cette question que les Argentins (74%), les Chiliens (74%) ou encore nos voisins britanniques (72%).
La légitimité des réfugiés est aussi mise en cause : 54% de la population mondiale (contre 52% en 2017, soit -2 points) ne croient pas que les étrangers qui viennent dans leur propre pays sont de vrais réfugiés. Selon eux, il s’agirait plutôt d’une immigration économique ou de personnes qui veulent profiter d’un meilleur système de santé.
Les réfugiés peuvent-ils s’intégrer à la société et la culture de leur pays d’accueil ? Là encore, les avis divergent : 47% (contre 44% en 2017) de la population mondiale n’en sont pas convaincus, et tout particulièrement les Français (58%), qui sont parmi les plus sceptiques sur ce point.
« La capacité des réfugiés à s’intégrer dans la société fait l’objet d’un scepticisme en nette croissance de la part des Français : cet indicateur a bondi de 11 points depuis deux ans », ajoute Yves Bardon, Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Center.

La volonté de fermer les frontières en progression en France

46% des habitants du monde (contre 51% en 2017) ne perçoivent pas la fermeture des frontières comme une solution. Si fermer définitivement les frontières séduit de moins en moins les populations mondiales, en France la tendance est inverse : 42% de la population (+ 2 points depuis 2017) s’y dit favorable. C’est au Mexique que la popularité de cette idée a le plus progressé (+ 16 points), un chiffre qui peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de demandeurs d'asile enregistrée par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Les Mexicains sont cependant majoritairement attachés à la libre circulation et restent, sur la question de la fermeture des frontières, bien en-dessous de la moyenne mondiale (38%). En Europe, la Serbie et la Suède sont parmi les pays les plus radicaux sur ce sujet, avec 51% de personnes favorables à une fermeture de leur frontière. D’autant qu’on observe une nette progression dans les deux cas depuis 2017 (+13 points en Serbie et +8 en Suède).
« Dans ce contexte, si l’on veut changer la perception des réfugiés, des signaux forts doivent être envoyés à la fois par les institutions, les médias et les entreprises quant à la préoccupation n°1 : leur intégration » conclut Yves Bardon.

Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Center

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