44% des célibataires français se sentent hors norme du fait de leur statut

Badoo révèle les résultats du premier baromètre réalisé sur la pression sociale que subissent les célibataires, les effets sur leur santé mentale et les répercussions dans leurs trajectoires amoureuses. Ce baromètre lève le voile sur les conséquences d’une définition du couple en tant que « normalité ». Le 15 mars 2022, entourée d’experts et de professionnels de santé, Badoo organisait sa toute première table ronde en vue d’amorcer les discussions autour de ce phénomène grandissant.

Célibataire en 2022 : un statut paradoxal entre acceptation et rejet

A travers cette étude, il se dégage le fait que vivre seul, c’est osciller entre fierté et inquiétude. 66% des sondés s’accordent à penser que le célibat permet de profiter davantage de sa vie et 50% d’entre eux estiment que ce statut offre une vie sociale plus riche. Si la vie hors couple peut donc être une source d’enrichissement, une condition semble tout de même s’imposer : le célibat ne doit pas durer.
Bien que 28% des Français interrogés déclarent aimer être célibataire, 50% souhaitent tout de même rencontrer quelqu’un. Une envie qui progresse d’autant plus avec l’âge. Elle est plus forte chez les 35-45 ans et notamment chez les hommes de cet âge (58%). Cette ambivalence se fait clairement ressentir quand 72% des célibataires déclarent éprouver à la fois des émotions positives et négatives du fait de leur situation amoureuse. Et pour cause, si 52% d’entre eux se disent fiers, 67% ont souvent ressenti de la tristesse, 62% de la frustration.
Le constat établi, les interrogations surviennent : Pourquoi le célibat se vit souvent comme un état transitoire et source d’inquiétude ? Par quoi/qui sont provoquées ces émotions négatives ?

Ressentir la pression sociale : pour 40% des célibataires, il est préférable d'être en relation pour être heureux

Une forme de pression ressentie

76% des Français interrogés admettent avoir discuté avec au moins une personne de leur célibat au cours des 6 derniers mois. Plus qu’un sujet de conversation, les célibataires ressentent le besoin d’en parler comme pour évacuer une pression qu’ils disent éprouver.
En effet, 67% des célibataires sondés affirment avoir récemment ressenti une forme de pression à sortir du célibat dont 37% qui témoignent d’une pression forte à modérée. Celle-ci est davantage vécue par les femmes de 25-34 ans (46%) et les personnes séparées (48%). Étonnement, les femmes de plus de 35 ans semblent être moins exposées (23%). En admettant qu’elle soit davantage vécue par les femmes plus jeunes, la pression liée à la maternité ou au mariage pourrait expliquer cette dernière donnée.

Les origines de cette pression sociale

Les origines de la pression ressentie par les célibataires sont multiples : schémas de société, la famille, les amis. Dans une moindre mesure, les collègues de travail ont également une part de responsabilité : 63% des célibataires français considèrent qu’elle vient majoritairement de leur entourage personnel ou professionnel.
Si près de 7 célibataires sur 10 déclarent que leur entourage aimerait les voir en couple (69%), ils sont 4 sur 10 à indiquer que ce souhait s’accompagne d’une certaine forme de pression. Et pour cause ! 40% d’entre eux déclarent que leur entourage juge anormal le fait qu’ils soient célibataires. 15% d’entre eux affirment même avoir eu des reproches du fait de leur dernière rupture.

L’impact sur le mode de pensée

Signe de la pression qu’ils subissent, certains célibataires finissent par approuver bon nombre de stéréotypes relayés par la société. 2 sur 5 déclarent que leur situation est hors normes (44%), que le couple est préférable pour être heureux (40%) et même que la construction d’une vie est antinomique avec le célibat (35%).
Plus saisissant encore, l’étude révèle que cette pression constante fait émerger des émotions négatives. Si le contexte de crise n’a pas facilité les rencontres et a pu impacter négativement le moral des célibataires, plus d’un sur deux évoque également l’impact de la pression exercée par les proches. En effet, lorsqu’ils sont interrogés sur l’origine de ces émotions négatives : 55% lient cela au sentiment de ne pas répondre aux attentes de leurs proches, 53% à des remarques qui ont été faites sur leur célibat.

La santé mentale des célibataires mise à l’épreuve. Les célibataires français davantage concernés par des troubles anxieux[1] et/ou dépressifs[2]

Des célibataires face à l’anxiété

Confrontés à de multiples injonctions quant à leur statut et fragilisés par un contexte sanitaire anxiogène, 56% des célibataires interrogés se déclarent touchés par des troubles de l’anxiété. Preuve que celle-ci concerne davantage les célibataires : la part de la population générale concernée par ce même trouble était de 42% en septembre 2021.
Au cours des dernières semaines, une majorité d’entre eux affirme avoir ressenti des difficultés à se détendre (64%), des sentiments de nervosité ou de tension (61%), de l’irritabilité (60%), une inquiétude excessive (56%) ou encore un sentiment de peur, comme si quelque chose de terrible risquait de se produire (43%).

Des symptômes dépressifs évocateurs

Au-delà de l’anxiété à laquelle ils sont sujets, 65% des célibataires sont concernés par des symptômes dépressifs ne seraient-ce que légers, contre 47% de population générale en septembre 2021.
Au cours des dernières semaines, une majorité de célibataires se sont sentis sans énergie (76%), 68% ont éprouvé des difficultés à dormir, alors que 61% ont ressenti peu d’intérêt à faire les choses. Fait marquant : 58% ont éprouvé une mauvaise perception d’eux-mêmes en n’étant pas parvenu à satisfaire leurs propres attentes ou celles de leurs familles.
Plus alarmant, 36% ont songé à se blesser ou ont pensé qu’il serait préférable qu’ils ne soient plus de ce monde. Ces symptômes dépressifs ont eu, pour plus d’un célibataire sur deux, un impact direct dans leur travail, leurs tâches à la maison ou même dans leurs relations avec les autres.

Face à cette détresse, certains Français s’investissent dans des relations auxquelles ils ne croient pas

Un impact sur leurs valeurs

Face à cette pression que s’impose une partie non négligeable des célibataires, ils sont plus d’un tiers à avoir déjà pris une décision sentimentale allant à l’encontre de leurs valeurs pour sortir du célibat (37%), c’est notamment le cas des hommes (48%) et des femmes (35%) âgés de 35 à 45 ans.
Ainsi, s’ils sont nombreux à aller au-delà de leurs principes pour éviter le célibat, les hommes de 35-45 ans apparaissent tout de même plus inquiets vis-à-vis de la solitude.

Badoo Ipsos

 

Des conséquences directes sur les choix de vie

Au-delà d’influer sur le mode de pensée, le poids de la pression sociale agit également sur leurs relations.
Lors de leur dernière rencontre, 32% des célibataires se sont dit qu’il fallait tout faire pour qu’elle devienne sérieuse. A tel point que près de 2 célibataires sur 5 (39%) ont poursuivi une relation sentimentale alors qu’ils savaient qu’elle n’avait aucun avenir.
Dans le même temps, 24% déclarent avoir eu des relations sexuelles avec des personnes qui ne leur plaisaient pas. Réunissant un total de 22%, certaines femmes ont également pensé qu’il serait préférable de faire un enfant toute seule.

 

 


Fiche technique : enquête menée par Ipsos, auprès de 1000 célibataires français, âgés de 18 à 45 ans représentatifs de cette population en France, du 7 au 11 février 2022
[1] TEST GAD-7 : une échelle de dépistage destinée à évaluer la prévalence de trouble d’anxiété généralisée GAD-7 : L’évaluation au sein de la population française de la prévalence du trouble d'anxiété généralisée a été réalisée au moyen du questionnaire (GAD-7). C’est un instrument en sept points utilisé pour mesurer ou évaluer la gravité du trouble d'anxiété généralisée (TAG).
[2] Le PHQ-9 est le module évaluant la présence et la sévérité de la dépression au sein du Patient Health Questionnaire (PHQ) qui est un test de dépistage de certains troubles mentaux. Il évalue, en 9 questions, 9 critères diagnostiques de la dépression clinique, aussi appelée dépression majeure ou caractérisée

Auteur(s)

Articles liés

  • Chatons d'Or | Créativité | Art | Culture
    Culture Enquête

    Les Français et la créativité : entre art de vivre et résistance face à l’IA

    Pour la première fois, Ipsos bva était partenaire du Festival des Chatons d'Or et a présenté à l’occasion de la soirée finale de remise des prix une étude exclusive menée auprès des Français pour appréhender leur rapport à la créativité. Malgré un climat social tendu, la créativité s'impose comme un véritable exutoire, particulièrement chez les jeunes, alors que l’intelligence artificielle est perçue comme une menace croissante pour l’authenticité artistique.
  • La pratique sportive chez les Français
    Sport Enquête

    En 10 ans, les Français ont quasiment doublé le temps qu’ils consacrent au sport

    La Fédération Française d’Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire (FFEPGV), en partenariat avec Ipsos bva, dévoile les résultats du 15e Baromètre Sport-Santé. Ce baromètre met en exergue l’évolution des pratiques sportives des Français, et s’intéresse à l’impact du sport sur la santé des Français, que ce soit sur leur santé physique ou mentale. Cette année, à l’approche des élections municipales de mars 2026, le Baromètre questionne également les Français sur l’évolution de l’offre et des équipements sportifs à proximité de chez eux.
  • Téléphone
    Société Enquête

    Hyper-connexion : 64 % des Français se déclarent prêts à s’imposer une pause numérique

    Ipsos, l’une des principales sociétés mondiales d’études de marché et son partenaire CESI école d’ingénieurs dévoilent les résultats de leur enquête « Les Français et la pause numérique ». Alors que l’Assemblée nationale examine le 26 janvier 2026 le projet de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la « pause numérique » s’impose comme une tendance forte : connue de 76 % des Français, elle a déjà été expérimentée par près d’une personne sur cinq (19 %). Les personnes l'ayant expérimentée rapportent des effets positifs tangibles : qualité de vie améliorée (82 %), bien-être psychologique renforcé (71 %), meilleur sommeil (70 %) et relations sociales enrichies (60 %).