Diplômés des grandes écoles : qu'attendent-ils de leur emploi ?

À l’occasion de la remise ce soir du 11ème Prix de l’Entrepreneur Social, le Boston Consulting Group ("BCG"), Ipsos et la Conférence des grandes écoles ("CGE"), ont réalisé la deuxième édition du baromètre « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi ». Cette consultation analyse les attentes des anciens et des élèves actuels des Grandes écoles, à l’égard de leur vie professionnelle, ainsi que leur rapport à l’économie sociale et solidaire.

92% des répondants à l’étude considèrent l’intérêt du poste comme un critère primordial de choix du métier, à l’inverse, la rémunération n’est citée par les talents qu’en 9ème position sur 11

« Le rapport au management, à l’emploi, à l’entreprise ne cesse aujourd’hui d’être réinterrogé notamment par la jeune génération, qu’elle soit déjà en emploi ou encore étudiante. Les critères matériels ne sont plus aussi prioritaires », explique Brice Teinturier, Directeur Délégué d’Ipsos en France.

Cependant, forts de leur expérience professionnelle, les anciens élèves des grandes écoles abordent le monde du travail différemment des étudiants. Ainsi, si les grands groupes continuent d’attirer majoritairement les élèves actuels des Grandes écoles (54% disent souhaiter y travailler), les anciens sont seulement 41% dans le même cas. Ils sont plus nombreux à vouloir créer leur propre entreprise (36% vs. 22%) ou travailler à leur compte (19% vs. 5%).

Les priorités des anciens sont différentes :

  • créer de la valeur et de l’emploi est une condition d’un travail utile (41%), une préoccupation bien moins présente chez les étudiants (23%)
  • concernant les responsabilités, 77% des anciens considèrent que c’est un critère important de choix du métier alors que c’est le cas de seulement 59% des étudiants.

Management : les étudiants comme les anciens des Grandes écoles sont demandeurs de méthodes plus collaboratives, du développement en continu des compétences et d’une organisation plus flexible

Si les répondants estiment que le mode de management le plus souvent mis en place est directif (37% des étudiants et 30% des anciens), ils souhaitent tous un management plus collaboratif (59% et 52%). Plus concrètement, ils estiment qu’il est indispensable :

  • d’avoir la possibilité de se former et de changer de métier au sein de la même entreprise (59% et 64%)
  • de travailler en mode projet (55% pour les deux populations)
  • d’organiser le travail de manière flexible (52% et 62%)

Ces perceptions s’illustrent également dans les principales qualités attribuées à un bon manager : la capacité à motiver ses équipes (87% pour les étudiants, 84% pour les anciens), l’écoute (86% vs 82%), le respect (85% vs 84%) et la vision à long terme (79% vs 82%).

« Les talents issus de nos grandes écoles aspirent à un management plus collaboratif, flexible, et motivant, fondé sur l’écoute et le respect, qui prenne mieux en compte le développement personnel, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et le bien-être au travail. Nos écoles ne diplôment pas uniquement les futurs cadres et dirigeants, elles forment également des citoyens responsables et impliqués », souligne Anne-Lucie Wack, Présidente de la Conférence des grandes écoles.

De manière logique, un intérêt manifeste pour les missions qui apportent du sens ainsi que pour l’économie sociale et solidaire (ESS)

Si la connaissance du secteur de l’ESS reste à améliorer (56% des étudiants ne voient que vaguement ce dont il s’agit), l’engouement pour ces métiers est très fort : un étudiant sur deux aimerait y travailler, une proportion qui atteint même 2 anciens élèves sur trois.

Alors quels sont les freins ? C’est en premier lieu le manque de connaissance du secteur qui modère l’engagement (20% des étudiants et 24% des anciens) ainsi que le salaire inférieur aux entreprises classiques (respectivement 18% et 28%). Cependant, 59% des étudiants accepteraient personnellement une baisse de salaire supérieure à 5% pour travailler dans l’économie sociale et solidaire.

« L’économie sociale et solidaire attire énormément, même si le secteur est encore mal connu. Le besoin de sens et de missions utiles devient prééminent sur le salaire. C’est un changement de paradigme que toutes les entreprises doivent prendre en compte dans leur management », précise Quentin Decouvelaere, Directeur associé au BCG Paris.

Fiche technique : 
Le Baromètre « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi », réalisé par Ipsos, a été mené auprès de 1680 étudiants issus de 160 écoles membres de la Conférence des grandes écoles et de 1586 anciens élèves de ces mêmes écoles. Cette enquête est une consultation, cela signifie qu’elle s’adresse à tous les répondants volontaires, permettant de récolter un maximum de réponses auprès d’une population. Elle n’a cependant pas une vocation de représentativité de la population interrogée.

 

Auteur(s)

  • Brice Teinturier
    Brice Teinturier
    Directeur Général Délégué, Ipsos bva (@BriceTeinturier)
  • Priscille Lorenzi
    Directrice d'études, Ipsos Public Affairs

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