La France est-elle un pays européen ? - Épisode 3 : les vraies missions de l'UE

Alors que les élections européennes approchent, Ipsos fait le point sur les principales attentes des citoyens vis à vis de l'Union. Que devrait-elle faire ? Quelles sont ses vraies missions ?
CONTEXTE
Il y a deux ans, à l’occasion des 60 ans de la signature du traité de Rome, Ipsos avait réalisé une étude dans 25 pays à travers le monde[1]. Elle montrait notamment que seuls 22 % des Français interrogés estimaient que l’Union européenne avait été davantage un succès qu’un échec, contre 40 % des Britanniques et des Polonais. Avec la Belgique, c’était le pays européen avec la vision la plus négative des actions de l’Union européenne, un résultat très médiocre pour l’un des six pays fondateurs de 1957.
 
En 2019, à quelques semaines des élections européennes, un nouveau sondage Ipsos [2] fait le point et les résultats sont peu brillants : 30% des Européens pensent que l'Union est un succès (-3%) ; les pays où les opinions sont les moins nombreuses à parler de succès sont la Belgique (19%), l’Italie (18%) et la France (17%).
L’étude aborde trois grandes catégories de sujets : la perception du projet européen pour les pays et leurs habitants, la crédibilité des partis eurosceptiques dans la perspective de l’élection du 26 Mai 2019, les grandes attentes et priorités à traiter par l’Union européenne.

Quelles sont les vraies missions de l’Union européenne, celles qui peuvent donner l’impression qu’elle est utile, qu’elle améliore la vie des Européens, celles qui sont en mesure réconcilier les pays et l’Union, les citoyens et le Projet européen ?

Pour le moment, le jugement à son égard est dur, l’Union européenne n’ayant « pas limité les effets de la crise économique dans leur pays » pour 47% des Italiens, 36% des Français et 30% des Belges.

Que devrait-elle faire ?

Réduire la pauvreté et les inégalités sociales pour 46%, lutter contre la criminalité et le terrorisme pour 37%, être source de croissance économique et créer des emplois pour 36% : avant tout, l’Europe doit être une machine à produire de la richesse et de la sécurité. Mais « protéger l’environnement » progresse fortement de 2017 à 2019, à 37% (+11%), comme si les prises de positions politiques et le relais des médias accéléraient une prise de conscience.

Si l’on demande de sélectionner cinq priorités à court terme, de la réduction des inégalités à la protection de la vie privée sur Internet en passant par la gestion du Brexit, on voit trois familles d’attentes :

  • Economiques et sociales : « Lutter contre les inégalités » reste essentiel avec 46%, en tête des attentes en 2019 comme en 2017.
  • Identitaires : « Réduire l’immigration extra-européenne » progresse de 8%, à 35% en 2019.
  • Ecologiques : « Protéger l’environnement » grimpe de 9% (de 31 à 40%) et « Réduire la consommation d’énergie et les émissions de gaz » bondit de 15%, 28% en 2019.

A un moindre niveau, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, le vieillissement de la population, la protection de la chaîne alimentaire et des données privées font également parties des préoccupations françaises. En revanche, ce n’est plus de l’Union européenne que l’on attend en priorité la création de croissance et d’emploi, - 12% de 2017 à 2019 avec 33%...

Le mouvement politique qui saura agréger égalitarisme, protectionnisme et sensibilité environnementale aura le champs libre, au moins jusqu’en 2022.

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[1] Etude Global Advisor menée en ligne du 17 février au 3 mars 2017 auprès de 18 021 personnes âgées de 16 à 64 dans 25 pays.

[2] Etude Global Advisor spéciale Européennes 2019 menée en ligne du 22 mars au 5 avril 2019 auprès de 19 531 personnes dans 28 pays.

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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