Faut-il réformer le système éducatif français ?

Alors que le gouvernement d’Édouard Philippe a fait part, fin août, de ses priorités pour l’école, Ipsos a réalisé pour Squla une étude sur l’opinion des parents d’enfants âgés de 6 à 12 ans sur le système scolaire français. Quel regard portent-ils sur l’école d’aujourd’hui ? Quelles réformes souhaitent-ils pour l’éducation primaire ? Quelle est leur position sur le système de notation ?

L’étude montre que 95% des parents sont favorables à une réforme de notre système éducatif. Leur vision de l’école de demain se rapproche des modèles d’Europe du Nord, qui favorisent la participation et la responsabilité des enfants, dans des classes à effectif réduit. A une exception près : 51% des parents s’opposent à une suppression des notes à l’école primaire. Autre enseignement clé de l’étude, les parents sont favorables à 78% à l’utilisation des outils numériques pour améliorer l’apprentissage.


Chiffres clés :

  • Plus de 9 parents sur 10 (95%) estiment qu’il faut réformer le système éducatif français pour l’école primaire : 58% pensent qu’il faut en modifier quelques aspects seulement, et 37% qu’il faut le réformer en profondeur.
  • Près du quart des parents (26%) désignent la Suède comme le meilleur modèle à suivre pour réformer l’école primaire, devant l’Allemagne (23%), la Finlande (16%), la Grande-Bretagne (14%) et les Pays-Bas (7%).
  • Plus de 9 parents sur 10 sont favorables à une limitation à 15 élèves par classe pour les cours de sciences et à faire davantage participer les enfants aux cours.
  • 78% des parents interrogés se prononcent en faveur de l’apprentissage des enfants via des outils numériques.
  • 51% des parents s’opposent à une suppression des notes à l’école primaire, et 57% s’opposent au remplacement des notes par un système de lettres.

Pour une reforme du système scolaire… mais en douceur

Si 95% des parents interrogés estiment qu’il faut réformer le système éducatif français pour l’école primaire, seuls 37% d’entre eux estiment qu’il doit être réformé en profondeur. 58% des parents interrogés pensent, quant à eux, qu’il ne faut le modifier que sur quelques aspects. Sur ce point, les
plus jeunes parents sont les plus conservateurs
: 25% des parents de moins de 35 ans pensent qu’il faut réformer le système en profondeur, contre 49% des parents de 50 ans et plus.
Enfin, les parents de collégiens sont légèrement plus en faveur d’une réforme profonde (42%). A croire que plus les parents fréquentent le système scolaire, plus la volonté de le changer est forte !

Le système français, moins performant que ses voisins européens ?

L’étude révèle que le système éducatif français est perçu comme moins efficace que celui de ses voisins sur de nombreux aspects : pour rassurer les enfants sur leurs capacités et savoirs (69%), pour donner confiance en eux aux élèves (68%), pour développer chez chaque élève la conscience de ses acquis et de ses lacunes (65%), pour encourager l’esprit critique ou pour donner aux élèves l’opportunité de montrer ce qu’ils savent (63%) ou bien encore pour instaurer un dialogue entre l’enseignant et l’élève sur ses progrès personnels (60%). Ces opinions sont systématiquement plus fortes chez les parents de collégiens (on note entre 2 et 9 points d’écarts sur chacune des réponses).
Interrogés sur les pays dont la France devrait le plus s’inspirer pour ses réformes, les parents plébiscitent l’Europe du Nord, citant en premier la Suède (26%) devant l’Allemagne (23%) et la Finlande (16%). Les pays du sud – Espagne (3%) et Italie (2%) – sont quant à eux nettement moins évoqués.

Les systèmes éducatifs européens les plus inspirants

Un grand oui à de nouvelles méthodes…

Dans ce contexte, les parents plébiscitent assez logiquement la plupart des méthodes scolaires instaurées dans les pays nordiques : 93% des parents interrogés sont ainsi favorables à une limitation à 15 élèves par classe pour les cours de sciences. 90% des parents sont favorables à davantage de participation des enfants aux cours, via la participation à des exposés, ou des spectacles vivants par exemple. Enfin, 90% sont pour responsabiliser les élèves sur leurs acquis en les habituant à s’autoévaluer avec leur enseignant. Ils sont également 78% à se prononcer en faveur de l’apprentissage des enfants via des outils numériques.
« L’étude révèle que pour les parents, le CM2, la 6e et la 5e sont les classes pendant lesquelles l’utilisation d’outils numériques est la plus propice au développement des apprentissages scolaires et parascolaires. Il est également intéressant de souligner que les parents âgés de 50 ans et plus sont les plus favorables à l’utilisation de ces outils, avec 89% d’avis favorables », explique Alice Tétaz, chargée d’étude senior au sein d’Ipsos Public Affairs.
Enfin, 76% des parents interrogés souhaiteraient la mise en place de tests nationaux obligatoires en CE2, afin d’évaluer les progrès des élèves, un chiffre qui monte à 81% pour les parents dont l’enfant était en CE2 lors de l’année scolaire 2016-2017.

… mais ne touchez pas aux notes !

En revanche, la suppression ou le remplacement du système de notation ne fait pas l’unanimité. 51% des parents sont défavorables à une suppression des notes à l’école primaire, un chiffre plus important chez les pères (53%) que les mères (49%).
Les parents sont plus nombreux encore (57%) à s’opposer à un remplacement des notes par un système de lettres, une tendance que l’on observe en particulier chez les parents de collégiens (63%).
Enfin, les parents qui estiment nécessaire une réforme en profondeur du système scolaire ne sont que 37% à être favorables à la suppression des notes : ce n’est pas sur ce thème que les réformes sont attendues.
Plus globalement, moins du tiers des parents (32%) considèrent que les notes à l’école primaire sont un obstacle à l’épanouissement des enfants et à leur apprentissage. La proportion, bien que minoritaire, est légèrement plus élevée chez les parents d’enfants entrant au CP (39%), chez les mères (36%) et chez les parents de moins de 35 ans (40%).

 

 

Note technique : Enquête réalisée par Ipsos du 26 juillet au 1er août 2017 auprès d’un échantillon représentatif de 500 parents d’enfants âgés de 6 à 12 ans résidants en France, interrogé par Internet (représentatifs de cette population en termes de sexe, d’âge, de profession de la personne de référence du foyer, de catégorie d’agglomération et de région).

Focus rentrée scolaire

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